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Un commerce particulier qui prospère allégrement au vu et au su de tous, faisant désormais parti du quotidien des populations.
Le marché Ndog-passi à Douala, situé tout juste sur l’axe lourd Douala-Yaoundé du coté du quartier dit Village, est réputé d’abord pour les coûts abordables de ses produits. Mais aussi et surtout par le trafic du cannabis qui y sévit de manière impitoyable.
Dans l’ensemble, le « Banga » nom vulgairement utilisé pour désigner la drogue issue de cette plante, n’est pourtant pas le seul produit illicite vendu dans ce marché. On y trouve également la commercialisation des CD piratés, de l’alcool distillé et la liste est loin d’être exhaustive.La prolifération de ces produits dangereux à l’entrée de la ville de Douala fait de ce marché un cas isolé entièrement à part.
Il est en effet étonnant qu’en pleine ville, malgré toutes les mesures sécuritaires prises par les autorités pour veiller à de telles exactions, qu’on y trouve non seulement la culture du cannabis mais également sa commercialisation. Derrière ce marché, se dresse une broussaille qui est loin d’être ordinaire. Entres elles, sont enfouies des touffes de plants du cannabis. Notre équipe n’a pas été suffisamment informée quant aux propriétaires de ces cultures par crainte de représailles, aux riverains interrogés.
Les personnes accros de cette herbe se recrutent à tous les niveaux de classe sociale. Les raisons généralement évoquées sont aussi diverses que les activités exercées par les utilisateurs qui voient en elle une vraie cure thérapeutique capable de répondre à leurs préoccupations. Les sportifs, les enfants de la rue, les prostitués, les musiciens, les travailleurs du secteur informel (chargeurs, chauffeurs d’engin à deux ou à quatre roues,) les expatriés et les trafiquants en détail qui livrent le produit dans les prisons et autres lieux douteux, ne sont pas en reste. Ils viennent se ravitailler dans ce petit marché.
Mutisme
La pratique du trafic du cannabis qui a cours au marché Ndog-passi laisse plus d’un perplexe quant à la question de savoir si les autorités et les forces de maintien de l’ordre ne sont pas au courant de cette activité.
Pourtant, la gendarmerie et la police ne sont pas loin de là, ils viennent systématiquement à tout moment effectuer les contrôles routiers et réguler la circulation à cet endroit constamment engorgé. Les populations interrogées pensent même que ces policiers et gendarmes, chargés de veiller à la sécurité des biens et personnes sur cette zone, sont complices : « à chaque fois que les antigangs viennent effectuer des enquêtes dans l’optique de mettre terme à cette pratique illicite, au final, rien n’est fait ».
Cette impunité criarde accompagnée d’un laxisme avéré dans ce domaine plonge la société toute entière dans les risques énormes que présente la consommation de ce stupéfiant. C’est ainsi qu’il n’est pas étonnant de croiser un jeune enfant de la rue âgé parfois moins de 13 ans fumer du cannabis en toute quiétude en pleine rue d’Akwa à Douala.
La loi n’a pas changé pour autant, le trafiquant et l’utilisateur de la drogue tombent sous le coup du code pénal. Cette loi prévoit dans son article 282 des emprisonnements et des amendes.
Jean Jacques Ntyam Ela
(Stagiaire)
