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C’est une foule bigarrée qui a tenu à rendre un dernier hommage au journaliste décédé à la prison centrale de Kondengui. « C’est très rare de voir une pareille mobilisation ici au cours d’une levée de corps. » Cette tenancière de « call-box » située juste à l’entrée de la morgue du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Yaoundé ne semblait pas si bien le dire. Ils sont venus de tous les coins du pays pour rendre un dernier hommage au défunt. Ce qui fait que l’esplanade de la morgue du Chuy s’est avérée trop étroite pour accueillir la foule d’amis et connaissances de Biby Ngota de son véritable nom Germain Cyrille Ngota Ngota.
Même le ministère de la Communication n’a pas loupé ce grand rendez-vous. Le Dr Félix Zogo qui représentait ce département ministériel n’est d’ailleurs pas venu les mains vides. Il s’est encombré d’une grosse gerbe de fleurs qui a dû être soutenue par certains de ces collaborateurs. Même le retard de deux heures enregistré dans le programme initial n’a découragé personne. Encore moins toute la horde de directeurs de publication présents, aux côtés desquels on a pu voir le sous-préfet du 3ème arrondissement et de nombreux hommes politiques tels que Pierre Flambeau Ngayap, secrétaire général de l’Undp.Forte présence policière
Mais la présence qui a attiré le plus d’attentions aura été celle des hommes en tenue. Selon nos informations, ils ont été triés au volet dans les différents commissariats de la capitale politique, pour veiller au grain. Surtout qu’une rumeur distillée dans la matinée dans les artères de Yaoundé laissait entendre que le cortège funèbre devait transiter par le domicile du ministre d’Etat, secrétaire général à la présidence de la République, Laurent Esso, celui-là qui aurait instruit une enquête contre le défunt.
D’ailleurs, cette présence était tout au moins attendue, au regard de la violence avec laquelle la manifestation des journalistes de Yaoundé avait été réprimée dans la journée du 03 mai dernier, à l’occasion de la commémoration de la journée internationale de la liberté de la presse. On ce souvient que l’ombre du décès tragique de Biby Ngota avait fortement plané lors de cette célébration, contribuant ainsi à durcir la position des journalistes face aux multiples menaces qui pèsent sur eux dans le cadre de la pratique de leur profession. Le sujet a même été fortement évoqué au cours de cette mise en bière.
Plus de peur que mal, la levée de corps de Biby Ngota s’est déroulée dans la sobriété qui caractérise généralement ces moments. Certains journalistes n’ont pas pu contenir leur émotion à la vue du corps inerte de leur confrère vêtu d’un beau costume sombre, le dernier il va sans dire. Pour sa compagne, ses enfants et ses parents, l’heure était plutôt grave, très grave même. Son fils aîné a dû s’en rendre compte à la vue de ce qui restait de son défunt père qu’il voyait allongé dans un cercueil fait avec le bon bois de chez, comme dirait quelqu’un. Ce père qu’il voit sans pour autant oser toucher. Mais tel n’a pas été l’avis de Mme Ngota qui a failli se jeter sur le cercueil qui contenait la dépouille de son désormais feu époux. L’ambiance était lourde, au point où il fallait user de beaucoup de maîtrise pour ne pas verser une larme.
Après quelques formalités d’usage, le cortège funèbre s’est dirigé au domicile du chef de leur famille, M. Ngota Essiane Emmanuel, au quartier Mendong, précisément à l’entrée Simbock. Si la dépouille est arrivée sans problème, tel n’a pas été le cas pour ses confrères, amis et connaissances. C’est sous une forte adverse que l’on s’est retrouvé au lieu du deuil. Certaines personnes se sont mêmes permises de souligner que le décès de Biby Ngota est si dur à accepter que même le ciel a versé des larmes. Heureusement que la pluie s’est éclipsée moins de deux heures après, pour permettre certainement au disparu d’avoir les obsèques qu’il mérite.
Selon le programme de ses obsèques, Germain Cyrille Ngota Ngota va entamer son long et dernier voyage dès ce vendredi à Mengalle par Ebolowa. Où suivra son inhumation dans la matinée de samedi. Adieu cher confrère !
Thierry Nyope à Yaoundé
