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C’est le fruit de la corruption qui a assiégé l’administration. Une descente musclée se prépare pour restaurer l’autorité de l’Etat.
L’échappée miraculeuse de noyade après une pluie diluvienne d’un jeune élève du primaire dans l’enceinte de son établissement sis à PK 12 la semaine dernière, ravive énergiquement le débat sur la quintessence de la procédure légale d’ouverture d’un établissement au Cameroun.
Piteux décor
De nos jours, l’aspect que présente bon nombre d’établissements scolaires en milieu urbain, notamment à Yaoundé et à Douala où le phénomène rencontre une grande floraison, laisse perplexe. De nombreux établissements sont construits sur des parcelles non viabilisées tantôt dans un ravin ou près d’une faille ; tantôt sur des superficies qui ne respectent pas les dimensions minimales requises, soient 2000m² pour la maternelle ou le primaire.
Dans la seule zone de Bassa à Douala, des écoles primaires construites à l’intérieur des ravins prolifèrent et lorsqu’il pleut, les enfants doivent effectuer un véritable parcours du combattant. Lorsqu’on n’a pas affaire à des porcheries mitoyennes aux écoles comme au quartier dit « Village », ce sont des écoles composées de deux réduits construits derrière des habitations familiales de fortune en matériaux provisoires dans lesquels sont empaquetés des élèves comme des sardines.
Une situation dramatique que reconnaît le délégué régional de l’Education de base de la région du Littoral, M. Diwouta Mbengue. Pour ce dernier, la prolifération de ce fléau provient d’abord du fait que certains usent des relations au ministère pour contourner le premier rempart que représente la délégation et obtenir « frauduleusement » des autorisations. En plus, la délégation est limitée dans son action dans la mesure où ce n’est pas elle qui ordonne la fermeture de l’établissement mais le gouverneur de la région. Autant de stratifications qui ne facilitent pas la traque des clandestins.
Traque
En effet, lors d’un récent conclave organisé avec le délégué régional de l’Education de base du Centre, ce dernier avoue avoir recensé environ 400 établissements primaires et maternels qui officient dans la clandestinité tant à Douala qu’à Yaoundé. Un nombre dont le Littoral seul, engloberait les deux tiers et qui sont éventuellement, sous la menace d’une fermeture imminente. Pour Pohla Ebenezer, responsable de la carte scolaire chargé du suivi des dossiers d’autorisation d’établissements et de la traque des écoles de l’ombre dans la région du Littoral, une vaste descente musclée dont la date n’a pas été dévoilée, se prépare en coulisse avec l’appui des forces de l’ordre et de la région pour régulariser la situation. Une opération conjointe entre les administrations régionales du Centre et du Littoral qui augure des étincelles dans les milieux clandestins.
Toutefois, sans tomber dans le piège de l’optimisme aveugle, la prudence est de mise. Pour beaucoup d’observateurs, la corruption ayant assiégé l’administration camerounaise, ce sont les responsables des délégations régionales qui favorisent cette situation. A plusieurs reprises dans le passé, des descentes à « tête chercheuse » ont eu lieu n’enrayant qu’une partie infirme du problème. « Généralement, les mises en demeure font foi d’invitation à monnayer à la délégation. Dès que vous versez de l’argent, on vous laisse tranquille. Du moins jusqu’à la fin de l’année scolaire. L’année suivante, le même processus recommence et ainsi de suite. » Affirme un chef d’établissement avec sarcasme.
Au-delà de toutes ces péripéties, la suite de l’affaire s’annonce palpitante tant pour les chefs d’établissement que pour les parents ayant déjà inscrit leurs enfants. Toutefois, en attendant que la descente soit effective sur le terrain et dans les plus brefs délais, l’opération nécessite la participation de tous à dénoncer tous les promoteurs véreux pour une action concertée de grande envergure.
Paul Tonye Njel
(Stagiaire)
