Matériaux de construction : les normes approuvées par les quincailliers



Elles sont considérées comme l’arme qui permettra d’assainir le secteur. « Cette décision arrive trop tard ». Tatou Kami, Chef d’agence d’Afrique Construction à Yaoundé, réagit ainsi à la décision prise par le ministre de l’Industrie, des Mines et du Développement Technologique, Badel Ndanga Ndinga, il y a une semaine, sur les matériaux de construction. « Il y avait déjà un peu trop de laisser-aller dans ce commerce », poursuit-il. En effet, l’arrêté rendant d’application obligatoire ces normes, notamment pour les produits tels que le ciment, le fer à béton, les fils d’attache et les treillis soudés intervient à un moment où la contrefaçon a déjà fait son lit dans le secteur du bâtiment
. On en veut pour preuve, le drame causé par l’effondrement d’un immeuble au quartier Nkolndongo à Yaoundé. Pour Fabrice N, propriétaire d’un chantier, la possibilité de s’assurer de la fiabilité du matériel servi est une bonne chose : « Je pense que cette mesure va permettre d’éviter à l’avenir les nombreux drames qui sont survenus récemment », déclare-t-il.
Et pourtant, cette mesure est vielle de cinq ans à croire les propos du directeur général de l’Agence des normes et de la qualité (Anor), Charles Booto à Ngon : « Les normes concernant les matériaux de construction ont été élaborées, homologuées et rendues d’application obligatoire depuis 2005. Suite aux nombreux phénomènes qui sont survenus dans le secteur, elles ont été révisées, notamment après l’ajout de nouvelles dispositions », affirme-t-il. Pour ce qui est du fer à béton, des critères d’évaluation de conformité ont été mis en place et ils sont vérifiés depuis le port. Selon cet arrêté, les détaillants doivent exiger auprès de leur fournisseur, des copies de certificats de conformité attestant que le produit livré respecte les normes camerounaises. « Au niveau du port, le contrôle est déjà opérationnel », confie Charles Booto à Ngon. Pour ce dernier, des prélèvements sont effectués sur le ciment pour s’assurer qu’il est de bonne qualité. Il prépare une lettre circulaire qui va fixer les modalités de prélèvements.
Même si les quincailliers saluent la décision du ministre, certains restent réservés quant à son application effective. « Le véritable contrôle doit se faire en amont, c’est-à-dire au niveau du port avant que la marchandise ne soit écoulée dans les différents points de vente », explique Kami T de Afrique Construction. Au magasin Socsuba situé à Mvog-Mbi, autre quincaillerie faisant dans la vente des matériaux de construction, on reste confiant côté qualité de la marchandise : « Nous n’avons aucune crainte parce que le matériel que nous vendons est de bonne qualité », confie un employé. L’occasion leur sera donnée de le prouver dans les tous prochains jours lorsque les équipes de l’Anor se déploieront dans les différentes quincailleries de la ville