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Fête de travail 2010 : Employeurs et gouvernement au banc des accusées

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fete-travailLa 124ème édition de la fête du travail a été célébrée avec faste à Bafoussam par les travailleurs de tous les secteurs, formels et informels. En dépit de la précarité et les mauvaises conditions de l’emploi qu’ils dénoncent. La place des fêtes de Bafoussam s’est avérée étroite ce 1er mai 2010 pour accueillir les milliers de travailleurs, parents, amis et curieux qui très tôt avaient pris d’assaut les tribunes et l’esplanade, rivalisant des tees shorts, des pagnes, signe de la bonne santé et de la taille des entreprises de la place des fêtes.

Les employées qui défilaient fièrement sous l’œil vigilant de M. Dieudonné Ivaha Diboua gouverneur de la province de l’Ouest, ont d’abord prêté une oreille attentive au chapelet des revendications et des doléances égrainées par leurs différents syndicats que sont la Centrale Syndicale des Travailleurs du Cameroun (Cstc) et l’Union des Travailleurs du Cameroun. « Les employeurs avides de profit ne respectent pas toujours la législation en vigueur. Le nombre d’heures de travail journalier n’est pas respecté et les heures supplémentaires jamais payées. Les employés qui sont le plus souvent payés sans bulletins de paye et n’ont pas de contrat de travail, la santé du travailleur en entreprise n’est pas toujours prise en compte par l’employeur, Les accidents dans les lieux de service sont légions, les licenciements abusifs, le chômage, les maigres salaires, le manque de dialogue social, le harcèlement et la non application des conventions collectives, La précarité de l’emploi ou un travail définitivement temporaire sont le lot quotidien des malheurs du travailleur. » S’indigne le représentant de la centrale syndicale.

 

Doléances

La crise, les syndicats proposent au gouvernement : de poursuivre la mise sur pied d’un programme d’investissement intensif, de promouvoir le développement d’une agriculture moderne, d’intensifier la production pour améliorer la capacité des entreprises, de maintenir un taux de croissance élevé pendant les cinq prochaines années, de réduire le taux de chômage actuel à l’horizon 2030 à moins de 3% et le sous emploi à moins de 5%. D’intensifier la lutte contre l’économie informelle, garantir une concurrence saine et loyale, lutter contre toute forme d’atteinte à l’économie nationale, améliorer le pouvoir d’achat en augmentant le Smic de 28 216 frs à 100 000 frs Cfa. Ils proposent également la hausse du salaire des fonctionnaires, des travailleurs du privé et du para public, d’accroître et reformer le système de sécurité sociale et de l’étendre à d’autres couches non encore couvertes, l’extension à l’assurance maladie et à l’assurance chômage. La ratification et application des conventions internationales et la législation locale, la lutte contre le VIH Sida, la tuberculose et le paludisme en milieu de travail.

Le gouverneur de la région de l’Ouest, avant de promettre de transmettre les doléances à qui de droit, a reconnu que malgré les efforts du gouvernement, beaucoup d’employés demeurent victimes de nombreux abus de la part de leurs employeurs. Les barèmes de salaire ne sont pas respectés, les congés difficilement octroyés etc. « Néanmoins, le gouvernement veille à la protection des l’employés par un arsenal juridique que sont : la constitution, les lois, des textes internationaux ratifiés, la déclaration universelle de droits de l’homme, la charte africaine des droits et des peuples, et surtout à travers la nouvelle sécurité sociale qui sera bientôt opérationnelle, » insistera-t-l. Aux employés, le gouverneur a prescrit l’exploitation à bon escient des textes régissant leurs activités, l’adoption d’une attitude citoyenne, le respect de la hiérarchie, le respect des mesures d’hygiène et de salubrité au lieu du travail, le respect du règlement intérieur de l’entreprise, la conservation du secret professionnel, le rejet de la concurrence déloyale, l’exécution des taches avec dévouement, abnégation et patriotisme. Quant aux employeurs qui sont le moteur de l’économie et ceux sur qui l’Etat compte pour la création des emplois supplémentaires afin de lutter contre le chômage et la pauvreté, il a conseillé de combattre les inégalités au sein de leurs entreprises, d’éviter les intrigues et surtout de mouvoir les compétences. Il leur a également conseillé d’éviter au maximum le tribalisme et le népotisme au sein des entreprises, le dénigrement et le harcèlement sous toutes ses formes. Ils gagneraient à étudier toutes les voix de réhabilitation de l’employé fautif avant de passer à la sanction suprême. Pour clôturer la cérémonie, 32 employés ont reçu des médailles d’honneur de travail en or, argent et vermeil. C’est dans les bars, circuits et les restaurants de la ville que les travailleurs se sont rabattus pour leur onzième point.

Pierre Gouanez

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