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Liberté de la presse : Ce que veulent les journalistes

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journaux_camerounaisRetour sur le mémorandum de l’Union des journalistes au Cameroun au gouvernement. Dans son adresse à la Nation le 31 décembre 2008, le président de la République Paul Biya relevait fort à propos : « Il existe en effet dans notre pays des partis politiques, des syndicats, des associations dont le rôle est précisément, en tant que corps intermédiaires, de transmettre au gouvernement les doléances de leurs mandants. Je peux vous assurer que ceux-ci trouveront toujours auprès de moi une oreille attentive, si leurs revendications sont fondées et s’ils sont animés d’un véritable esprit de négociation ».

Fort de cet appel, le Conseil exécutif de l’Union des Journalistes du Cameroun (UJC), organe d’exécution de l’association des journalistes, qui se veut l’organisation faîtière de toute la presse camerounaise a décidé de réagir, au nom de toute la profession, afin d’appeler l’attention du gouvernement sur ce qui devrait être fait pour que la presse camerounaise puisse contribuer efficacement au développement du Cameroun et au processus de démocratisation de notre pays.

Après examen approfondi de la situation de la presse camerounaise au cours de chacune de ses réunions, examen qui lui a souvent permis de faire une déclaration circonstancielle sur cette situation au gré des événements qui surviennent, le Conseil exécutif de l’Union des Journalistes du Cameroun (UJC) a décidé d’adresser au Gouvernement de pour la troisième fois depuis février 1998, un mémorandum sur l’ensemble des problèmes de la presse camerounaise avec des propositions pouvant aider à améliorer ladite situation.

Sur le plan juridique

La législation actuelle présente de graves insuffisances et plusieurs aspects déjà dépassés méritent d’être révisés. En effet, bien que l’audiovisuel ait été libéralisé à travers le décret n°2000/158 du 03 avril 2000, le flou persiste dans la délivrance des licences à travers l’instauration d’une pratique dite de « tolérance administrative ». Le Cameroun figure encore parmi les rares pays au monde où le journaliste, dans l’exercice de son métier, peut être emprisonné plus facilement qu’un criminel de droit commun, où une chaîne de radio ou de télévision peut être fermée aussi facilement qu’une échoppe.

Nous demandons par conséquent au Gouvernement :

·la révision de la loi n°90/052 du 19 décembre 1990 portant sur la liberté de communication sociale avec entre autres, une définition claire du statut du journaliste, une énumération et une définition exhaustives des délits de presse ;

·la suppression des peines privatives de liberté à l’encontre des journalistes pris en défaut dans l’exercice de leur profession au profit des peines civiles ;

·l’application rigoureuse des dispositions de la loi n°90/052 du 19 décembre 1990 qui garantissent aussi bien l’inviolabilité des rédactions que l’accès aux sources d’information ;

·la codification de la cyberpresse ;

-la codification du statut du journaliste étranger et du statut de l’entreprise de presse étrangère au Cameroun ;

·la création et la promotion de la fonction de Porte-parole à la présidence de la République et dans les Services du Premier Ministre.

Sur le plan économique

L’entreprise de presse n’est pas une entreprise comme les autres, eu égard à ses missions sociales d’éducation et de formation. Sa mission ne consiste pas à privilégier les acteurs des différents pouvoirs (politiques, économiques, socioculturels, etc.) qui passent, mais plutôt la Nation camerounaise appelée à demeurer.

Dans les sociétés modernes, l’information est un droit du citoyen et l’exercice de ce droit, dont la presse est l’un des garants, est un critère d’évaluation de l’avancée démocratique. Ce  rôle spécifique requiert que l’entreprise de presse puisse recevoir des aides directes et indirectes de l’Etat. Ce soutien aura pour effet de réduire la fragilité économique de l’entreprise de presse camerounaise aujourd’hui en proie à toutes sortes d’errements, de dérapages et d’abus, source de beaucoup de tort à la presse camerounaise et à la Nation toute entière.

Nous demandons : pour ce qui est de l’aide indirecte :

- la mise en place d’un régime fiscal spécial pour l’entreprise de presse au Cameroun:

- l’application effective de la loi sur la publicité dans le sens d’une répartition plus rationnelle et plus équitable des budgets publicitaires entre les entreprises nationales d’une part et entre les entreprises nationales et étrangères d’autre part.

Pour ce qui est de l’aide directe :

-l’augmentation substantielle de l’enveloppe de l’aide à la presse, et surtout la définition claire par une commission paritaire, des critères d’éligibilité des entreprises de presse à cette subvention. L’actuelle commission du ministère de la Communication ayant montré ses limites ;

- la mise en place à terme d’un fonds de développement de la presse.

Sur le plan professionnel

L’absence d’un véritable statut du journaliste est en grande partie responsable de l’essentiel des problèmes de la presse camerounaise aujourd’hui. Il n’est, en effet, pas possible de savoir à ce jour avec certitude qui est journaliste et qui ne l’est pas. Qui, au Cameroun, peut prétendre à bon droit faire partie de cette noble profession ?

La définition de critères rigoureux de ceux qui peuvent se prévaloir de la qualité de journaliste résoudrait l’essentiel des problèmes liés à l’exercice de la profession de journaliste  Cameroun.

Nous proposons :

- la réorganisation de la commission de la carte de presse et tous les organes qui gèrent les problèmes de la presse, à l’instar du Conseil National de la Communication qui devrait devenir une haute autorité,

-l’application effective de la Convention collective  nationale des journalistes et des professionnels des métiers connexes de la Communication sociale au Cameroun.

De telles institutions seraient chargées, entre autres, de l’attribution de la carte de presse et de l’identification des entreprises de presse.

Le Conseil Exécutif de l’Union des Journalistes du Cameroun est certain que si les différents points présentés dans le présent mémorandum venaient à être conduits avec succès, il est indéniable qu’il en résulterait un salutaire assainissement des milieux de la presse camerounaise. Lesdites réformes permettront d’abolir les clivages inutilement entretenus, entre presse publique et presse privée, et favoriseraient l’émergence d’une presse de qualité utile à l’accompagnement de la modernisation de l’Etat du Cameroun.

Convaincus que l’Etat dispose de leviers susceptibles de répondre au mieux aux pressantes demandes de la profession de journaliste, nous sollicitons instamment une rencontre avec le Gouvernement

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