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Crash Kenya Airways : Les autorités kenyanes rejettent les conclusions de l’enquête

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kenya-airwaysLes résultats sur le crash du Boeing 737-800, qui transportait 105 passagers et 9 membres d'équipage, sont officiels. Mais ils ne font pas l’unanimité au sein des différents pays. Les familles et l’opinion internationale en savent un peu plus sur les causes qui auraient coûté la vie aux 114 passagers du vol KQ 507 de la compagnie Kenya Airways. Du moins si on s’en tient aux résultats du rapport d’enquête rendu public sur le site web de la Cameroon Civil Aviation Authority, à l’adresse www.ccaa.aero » Il s’agit d’un volumineux document de 84 pages dactylographiées et entièrement rédigées en anglais. Après une semaine d’attente donc à la demande du gouvernement kenyan, on sait désormais ce qui s’est passé cette nuit fatidique.

Si on en croit le rapport d'enquête, la thèse de la responsabilité du pilote, déjà fortement avancée dans les spéculations et les premières conclusions au lendemain du crash sont confirmées. Il s’agirait d’une « désorientation spatiale » qui a conduit le Boeing à s'écraser deux minutes après le décollage, dans une mangrove située dans une bourgade de l’arrondissement de Douala 3ème, précisément à la sortie nord de la ville, vers le pont sur la Dibamba sur l’axe lourd Douala-Yaoundé.

 

Erreur de pilotage confirmée

Le rapport d’enquête de l’autorité aéronautique, l’équivalent d’un bureau d’enquêtes et d’analyses sur l’accident d’avions, confirme les hypothèses émises trois ans plus tôt. Le pilote du vol de la Kenya Airways qui trois ans plus tôt a crashé et tué 114 personnes à bord, ne s’était pas rendu compte que l’avion virait vers la droite et lorsqu’il s’en est rendu compte il avait insisté sur le virage à droite, ce qui a déclenché une chute en spirale de l’appareil, peut-on lire dans le rapport.

Ce crash du Boeing 737-800 est survenu le 05 mai 2007 après une violente tempête, qui a d'ailleurs retardé le vol. Mais, le rapport estime que le mauvais temps n'est pas à l'origine du crash. Il admet cependant que le pilote avait été victime d’une désorientation spatiale, ce qui veut dire qu’il avait perdu ses repères. Le rapport précise que le pilote ne s’est pas conformé aux procédures standards de décollage et n’a pas effectué les vérifications de routine d’avant tout décollage. Il a établi que cinq ans plus tôt, le pilote avait été reconnu coupable de plusieurs manquements. Le rapport indique que 90 secondes après le décollage, le commandant de bord constatant que l’avion était trop incliné sur la droite a annoncé: on est en train de se crasher. Mais quelques secondes plus tard, son jeune copilote (23 ans selon le rapport) a par erreur demandé au commandant de bord de redresser sur la droite avant de se raviser et de dire la gauche, la gauche, la gauche. L’avion se serait crashé 09 secondes plus tard, une minute 42 secondes après le décollage. Le même rapport précise que l’enquête a été longue et difficile, et selon la position de la carcasse, tout indique que l’avion a piqué du nez et que les passagers sont tous mort sur le coup.

Réactions mitigées

Selon de nombreux confrères de la presse kenyane, Amos Kimunya le ministre kenyan des Transports s’est refusé de tout commentaire. Surtout pour ce qui est de la véracité des faits établis dans ce rapport d’enquête. Les confrères kenyans soulignent par ailleurs que leur ministre a relevé un certain nombre de points d’interrogations. Notamment pour ce qui concerne le décollage. Amos Kimunya a relevé que le rapport établit qu’il y a eu une grosse discussion entre le pilote et la tour de contrôle sur la question du décollage, mais il n’indique pas pourquoi la tour de contrôle ne s’est pas suffisamment interposée à un décollage qu’elle avait pourtant interdit. Il a aussi relevé des incohérences dans le rapport. Selon ses termes, il apparaît paradoxal que la seule responsabilité du pilote soit établie de façon aussi formelle. Alors que le rapport reconnaît que l’équipage était expérimenté et jouissait d’une bonne formation. Il a par ailleurs laissé entendre qu’il ne comprenait pas comment un équipage bien formé et qualifié ne s’était pas rendu compte que l’avion s’inclinait vers la droite. Et enfin, que lorsque le même équipage bien formé s’est rendu compte du problème, il a accentué l’inclinaison de l’avion sur la gauche. Ce qui aux yeux du ministre parait difficile à admettre. Malheureusement il n’y a pas eu dans le déroulement de l’enquête un témoin oculaire pour attester des circonstances réelles de l’accident. Ce qui fait que le rapport s’est fait sur la base de l’analyse des instruments de bord et de ce que les experts ont déduit qui a pu advenir dans l’incident, à en croire le N°1 des Transports kenyans.  Il a par ailleurs ajouté que de toute façon l’enquête visait plus à tirer des enseignements qu’à déterminer les responsabilités. La direction de Kenya Airways partage également la position de leur ministre.

Thierry Nyope

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