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Camrail va expulser 15 000 personnes à Douala

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trainL’entreprise de transport ferroviaire veut récupérer et sécuriser ses terres. La triste rumeur qui a longtemps alimenté les conversations des habitants de Bonaberi est devenue officielle à travers la circulaire du sous-préfet de Douala 4ième. Il s’agit de la libération des emprises ferroviaires. Sur le terrain, les travaux ont déjà commencé. Les équipes de Camrail s’attellent à effectuer les opérations de délimitation des immeubles et autres bâtisses qui tombent sous le coup de l’emprise ; soient 35 mètres de chaque coté des rails. Ils seront totalement rasés.

Désolation

Le déguerpissement concerne les riverains situés tout au long de la voie ferrée qui relie Douala et Kumba en passant par Mbanga. Les casses prendront pour point de départ les immeubles situés juste après la zone industrielle de Bonabéri. Une véritable pilule amère difficile à avaler pour ces victimes qui ne savent plus à quel saint se vouer.

Lesdites zones regorgent de nombreux occupants et immeubles bâtis. Pour beaucoup d’entre eux, c’est une énorme perte financière aux conséquences incalculables. Car, au-delà des immeubles d’habitations, des riverains y ont réalisé d’importants investissements à l’instar des boutiques, des ateliers ou encore de la pratique de l’élevage. Pour d’autres, c’est un sentiment de nostalgie qui les anime : « nous avons habité ces lieux depuis plus de 25 ans aujourd’hui. Je préfère mourir que de partir », affirme un occupant désemparé par la situation.

Mesures préventives

Du coté de la sous-préfecture de Bonabéri, il fallait prendre toutes les mesures nécessaires afin que cette opération à hauts risques se déroule dans de bonnes conditions. « Il était question d’informer au maximum les occupants desdits immeubles pour éviter des surprises désagréables pendant les opérations de déguerpissement et nous comptons sur la bonne compréhension de nos populations », affirme un responsable de la sous-préfecture.

Cependant aucune date n’a été évoquée par rapport au début effectif de ces opérations de déguerpissement qui pourtant semblent éminentes. Certaines populations ont même déjà commencé à démonter leurs constructions après la tenue des différentes réunions des chefs de cette localité pour les plus compréhensifs ; contrairement à d’autres pour qui cette mesure constitue une véritable déclaration de guerre de la par du gouvernement et de Camrail. Ils attendent de pied ferme l’application de celle-ci.

Ce nettoyage, selon les sources proches de Camrail, est une préoccupation nationale qui a débuté à Yaoundé. Il vise à libérer totalement les emprises de l’ex Regifercam afin d’éloigner des populations des dangers réels du passage des trains. Il est question ici d’éviter un remake de la catastrophe de Nsam avec son triste bilan de plus de 300 morts. Le danger semble encore plus ponctuel qu’il y a une vingtaine d’années aujourd’hui lorsqu’on sait la qualité vétuste des installations des rails qui occasionnent des accidents à répétition et dont il faut désormais effectuer des aménagements.

Désarroi

A l’époque de la Régifercam, ces zones avaient été attribuées gratuitement aux cheminots afin d’y habiter. Malheureusement avec le temps, toutes sortes de trafics se sont installé progressivement. Cependant, le contrat d’occupation temporaire délivré par l’ex-Regifercam stipule que les occupants doivent construire en matériaux provisoires, le déguerpissement devant se faire à tout moment après avis préalable et cela sans dédommagement aucun. Une loi qui pour certains, mériterait d’être révisée à cause de la pauvreté ambiante qui règne au Cameroun aujourd’hui. En effet, elle ne prévoit aucune mesure alternative : pas de recasement ou simple indemnisation afin de permettre aux populations désormais, sans abris, de mieux s’en sortir face à ce drame.

Celles-ci se tournent désormais du coté de l’Etat qui en réalité a l’obligation de loger ses citoyens. A la sous-préfecture de Douala 4ème, on précise que les textes sont clairs : « les populations occupaient les lieux en connaissance de cause. Elles ne sont pas surprises, tout a été prévu à l’avance ». Affirme-t-on de ce coté. Ce qui pourrait donner lieu à un véritable bras de fer durant les casses si le risque est minimisé car, faut-il le rappeler, Bonabéri est le fief de l’opposition dans la région du Littoral.

Jean Jacques Ntyam Ela

(Stagiaire)

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