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Liberté de la presse : un journaliste meurt en prison à yaoundé

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PrisonLe directeur de publication du journal Cameroun Express, Bibi Ngota, est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi à la prison centrale de Yaoundé. Le directeur de publication de l’hebdomadaire Cameroun Express, Bibi Ngota, est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi à la prison centrale de Yaoundé, la capitale du Cameroun, des suites d’hypertension artérielle,  a-t-on appris auprès de sa famille. Son décès survient à quelques jours de la célébration de la journée internationale de la presse consacrée par les Nations Unies à la liberté de la presse. Le disparu était en détention préventive depuis bientôt deux mois au pénitencier de Kondengui, où tout soin lui a été refusé en dépit d’un état jugé préoccupant par les siens. Il avait d’abord été arrêté début février dernier par les éléments de la Direction générale de la recherche extérieure (Dgre, police politique) en même temps que d’autres confrères. On les accusait de détention d’un document «confidentiel» mais qui serait un faux.

Ledit document, qui est daté du 20 juin 2008, est une instruction donnée par M. Esso à l’administrateur- directeur général de la Société nationale des hydrocarbures (Snh), Adolphe Moudiki, de payer une commission globale de 1,342 milliard FCFA à MM. Dooh Collins, Antoine Bikoro Alo’o et Dayas Mounouné, respectivement consultant, directeurs généraux du Chantier naval et du Port autonome de Douala, la métropole économique. Cette somme représente des «frais de commission» dans le cadre de l’acquisition d’un bateau-hôtel par la SNH, dont le président du conseil d’administration n’est autre que le SG/PR.

Bibi Ngota, mais aussi Serge Sabouang et Robert Harrys Mintsa, respectivement directeurs de publication des bimensuels La Nation et Le Devoir, et Hervé Nko’o, reporter à l’hebdomadaire Bebela, furent gardés au secret pendant près de deux semaines. A leur sortie des cellules de ce service de contre-espionnage, ils présentaient de sérieuses traces de torture. La torture subie par Hervé Nko’o, reporter de  l’hebdomadaire Bebela, aurait aux dernières nouvelles, amener ce dernier à quitter le pays pour éviter de subir les atrocités subies jusqu’ici par ces confrères.

Au moment où le monde entier s’apprête à célébrer la journée internationale de la presse, les journalistes du Cameroun s’insurgent contre cet autre acte de barbarie perpétré à l’encontre des communicateurs. Le cas Bibi Ngota vient mettre sur la sellette l’épineuse question de l’interprétation de la liberté de la presse au Cameroun et le droit de se soigner malgré sa condition de détention.

Au moment où nous mettions sous presse, nous apprenions qu’une importante réunion tenue au lieu dit Carrefour Essomba , non loin du domicile du défunt, a réuni des confrères dans l’optique de la préparation de ses obsèques. Nous y reviendrons.

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