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La quintessence réelle du périple du ministre d’Etat, ministre des Transports dans la capitale économique suscite de nombreuses allégations. La descente de plusieurs jours du ministre d’Etat à Douala a laissé entrevoir un programme surchargé. En effet, Ponctuée par plusieurs visites dans des entreprises rentrant dans son champ de compétence, la tournée du ministre des Transports devait par ailleurs démontrer la priorité de l’Etat à soutenir un secteur en proie à de nombreuses turpitudes.
Dans cette logique le ministre a inauguré en lieu et place du Premier ministre Philémon yang, la cérémonie de mise en service officielle des locomotives CC 3300 le 20 avril dernier à la Gare centrale de Bessengué. Cette solennité en présence d’autorités diplomatiques étrangères et du directeur de la Bolloré Africa Logistics s’inscrivait dans le cadre de la redynamisation et de la modernisation de la voie ferroviaire au Cameroun. Après cette cérémonie, le programme du ministre prévoyait une visite du Chantier Naval et Industriel du Cameroun, au Port Autonome de Douala et dans plusieurs entreprises de transit de la place.
Visite en eaux troubles
L’important périple du ministre d’Etat, ministre des Transports Bello Bouba dans la capitale économique est l’occasion de se pencher sur de nombreux dossiers qui minent en ce moment le secteur des Transports au Cameroun. Selon les informations recueillies de part et d’autre, la présence du ministre ne présenterait rien de positif pour l’instant. A la Camrail, alors que les supputations de grève se succédaient avant son arrivée, ce dernier n’a rien apporté de concret aux plaignants. Pire, les résultats du rapport d’enquête sur les récents déraillements dévoilant une hypothèse de sabotage, animeraient les rumeurs de mains expertes que certains octroient aux ex-employés de la Régie Nationale des Chemins de Fer. Au lieu de sortir la situation de l’enlisement dans laquelle elle semble se trouver, ces présomptions paraissent plutôt mettre de l’huile sur le feu.
En effet, au regard du déroulement des événements qui semblent plutôt converger vers une cavale sans issue, les velléités de paralysie du chemin de fer refont à nouveau surface. Du côté du Chantier Naval et Industriel du Cameroun, la situation serait pareille. Fort de toutes les invectives à l’endroit de son directeur général et des dérives managériales de ce dernier qui obstrueraient la rentabilité de l’entreprise publique, le ministre se sera démarqué par des paroles enjoliveuses. Une démarche qui, aux dires des employés interrogés a laissé en suspens le cas des 7 employés de cette entreprise écroués après le mouvement d’humeur alors que le ministre robert Nkili avait annoncé une sortie imminente de crise. Le cas du Port Autonome de Douala et celui du rapport d’enquête sur le crash de Mbanga Mpongo ne se déroge pas à la règle.
Business
Toutes ces raisons amènent les plus sceptiques à remettre en cause la pertinence de cette visite qui devait plutôt augurer des solutions pragmatiques pour toutes les situations troubles enregistrées dans le domaine des transports à Douala. Pour les employés du Cnic et les ex-employés de la Régifercam les mobiles de la venue de Bello Bouba Maïgari sont ailleurs que dans leur problème. En effet s’interrogent-ils, si cette visite n’a rien apporté comme solution, a quoi a-t-elle finalement servi ? Pourquoi avoir au préalable annoncé l’épanchement du ministre sur les dossiers épineux alors que ce dernier se serait appesanti à faire des promesses qui ne valaient peut-être pas le coût du déplacement ?
Pour certains, ce serait les enveloppes alléchantes qui accompagnent les membres du gouvernement lors des visites solennelles ou lors des sorties officielles qui pourraient donner un début d’explication. Une opinion relayée quelques jours auparavant par un quotidien privé qui remettait en lumière l’acharnement ministériel observé autour de la mise en service officielle des wagons par la Camrail. Toutefois, d’autres préfèrent relativiser en indiquant que le ministre n’a aucun pouvoir décisionnel dans les différents cas cités et que des décisions pourraient survenir à postériori. Affaire à suivre…
Paul Tonye Njel
