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Comment son système informatique est quotidiennement piraté. A la grande désolation de sa clientèle. La multiplication des opérateurs en télécommunications au Cameroun a permis d’accroître la compétitivité et l’émulation pour le bien des consommateurs, conformément aux théories de l’offre et de la demande. Néanmoins, au delà de ce facteur, l’implication des uns et des autres au développement socioculturel et économique présente un vaste écart conséquent qui laisse plus d’un perplexe.Si dans cette guéguerre médiatique et populaire, la société MTN Cameroun arrache les éloges des populations, tel est loin d’être le cas de sa rivale Orange Cameroun, dont les critiques aussi avérées qu’effarouchées ne cessent de mettre en émoi, la chronique. Pour bon nombre de personnes, il est bon ton que cette société plus attirée par son intérêt que par le bien des camerounaises, cesse de voiler les yeux à travers sa maigre implication participative au développement local social et culturel. Une démarche stigmatisée par une volonté systématique de faire du gain sans en dépenser en retour. Autant de critiques qui viennent être étayées par les remous issus des appels récents de grèves lancés par les travailleurs de ladite société pour une amélioration des conditions de l’employé.
A cet imbroglio qui anime Orange, s’ajoutent des défaillances techniques qui plongent profondément l’entreprise de télécommunications dans la ligne de mire d’un scandale socioéconomique. En effet, une récurrence de défaillances systémiques observées ça et là contribue à soulever des appréhensions sur la fiabilité structurelle de celle-ci. Que ce soit dans l’affaire des prélèvements de crédits dans la base de données d’Orange où celle des SMS pirates, la question de la porosité du système réseau est soulevée.
A plusieurs reprises, des SMS d’origine inconnue tentant d’arnaquer les abonnés d’Orange Cameroun ont sévi impitoyablement parvenant à semer la zizanie. Même si la société s’est officiellement déclinée de toute responsabilité dans cette affaire, on est surpris que les pirates aient pu agir aisément et l’idée planante d’une éventuelle récidive raisonne en échos dans l’esprit de tous.
Une situation bien plus critique…
La défaillance du système réseau d’Orange Cameroun et la porosité de ce dernier s’illustre notamment par le désormais problème de piraterie des services proposés par la société, à l’instar d’Internet. Pendant que de nombreux abonnés versent des montants conséquents pour recevoir les services Internet aussi bien par téléphone que par modem box, d’autres en bénéficient gratuitement au vu et au su de la société.
De nombreux férus d’informatique et de programmation encore appelés « Hackers » parviennent allègrement à « contourner les protections « trop faibles » des Access Point du système réseau d’Orange. Grâce à des applications invisibles communément appelées Virus, ils pénètrent le système en passant par des ports non sécurisés », explique un ingénieur en télécommunications. Ainsi, ils accèdent à volonté au service Internet soit directement dans le téléphone portable, soit sur micro-ordinateur en utilisant un téléphone en guise de modem.
Pour l’un de ces hackers, « Orange agit comme ce banquier qui voudrait protéger les biens d’autrui dans une forteresse, ferme bien sur la porte mais laisse néanmoins les fenêtres béantes. C’est clair que tandis que certains vont se servir normalement, d’autres passeront par les ouvertures négligemment laissées ouvertes et se serviront sur le dos des clients normaux». Une situation qui frustre grandement les abonnés réguliers qui pensent qu’il s’agit d’une « négligence intolérable » pour reprendre fidèlement les propos d’Arthur ESSAMA, propriétaire du Live box d’Orange. « C’est intolérable que je paie cher pour quelque chose que d’autres ont gratuitement et très facilement» s’indigne Mme Epée Lucie, une autre usagère régulière, propriétaire d’un Cybercafé.
Quelques uns voient à travers cette pratique déjà foisonnante dans la ville de Douala, les causes de multiples désagréments de débit et de connexion que rencontrent les utilisateurs d’Internet.
Loin de calmer les ballottements de la tempête, la stupeur provient également d’un groupe de programmeurs réunis autour d’un forum de discussions qui prétend être à mesure d’aller au-delà de ce qui se fait déjà en pénétrant directement la base de données d’Orange. Ainsi, ils seraient capables d’accéder à des informations confidentielles en utilisant des programmes appelés « dormant », produits issus d’une technologie de piratage dernier cri disponible à bas prix, dans des réseaux de hackers…
En s’introduisant dans le serveur, il est possible de gérer les comptes des usagers d’Orange à sa guise en piratant même les codes de carte de crédit valide en vente sur le marché, grâce à une application mathématique qui reproduit la technique de codification des générateurs de crédit. On peut comprendre pourquoi des personnes se plaignent d’avoir acheté des cartes de crédit dont les codes avaient déjà été utilisés.
Des failles provenant de l’intérieur
« Les pénétrations des systèmes intranets proviennent généralement de failles d’origine endogènes, notamment des personnes à l’intérieur de la société. En fait, c’est eux qui connaissent parfaitement les lacunes sécuritaires du système de protection mis en place. Néanmoins, il faut savoir qu’aucun système n’est infaillible d’où la nécessité d’actualiser régulièrement sa protection », tentative d’explication d’Isaac Djeupoué, ingénieur en télécommunications et programmation. Une tentative d’explication qui remet à jour les multiples problèmes d’ordre technique et la possibilité d’éventuelles fuites que pourraient susciter une grève mêlant les techniciens de l’entreprise si des solutions pragmatiques aux revendications des employés, ne sont pas apportées.
Au vu de ce tohu-bohu qui soulève déjà des vagues d’inquiétude auprès des usagers, nous avons voulu authentifier certains faits auprès des différents administrateurs de la société Orange Cameroun. Procédure qui s’est avérée éreintante et vaine, car chacun rejetant la compétence à l’autre dès qu’on savait qu’il s’agissait de la presse. Pour couronner le tout, même la direction de la communication d’Orange a prétendu nous rappeler ultérieurement, ce qui n’a évidemment pas été le cas.
Une attitude aussi surprenante que coupable qui laisse la latitude à tout un chacun d’épiloguer sur la véracité des faits et les responsabilités des uns et des autres. Autant de lacunes techniques et de quiproquos qui discréditent davantage Orange Cameroun, mais au bout duquel les grands perdant seront une fois de plus, les malheureux abonnés.
Paul Njel Tonyé
(Stagiaire)
