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Téléphonie mobile : Mtn et Rms accusés d’abus de confiance

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mtn-abonneDeux mois après avoir travaillé pour le compte de Mtn, une centaine de jeunes menacent de faire du scandale si leur solde légitime ne leur est pas reversée. Alors qu’une récente note du ministre des Postes et Télécommunication annonçait la prorogation jusqu’en juillet 2010 du délai du recensement des abonnés du mobile, la situation sur le terrain semble plutôt s’enliser dans le sempiternel bourbier du non respect des engagements salariaux. En effet, deux cent jeunes ayant participé au travail d’identification des abonnés pour le compte de la société Mtn par le biais d’un sous-traitant, s’insurgent contre leur employeur pour non paiement de leur prime conformément aux négociations préalables. Cette situation, sur le fil de rasoir, jette davantage le discrédit sur cette opération eu égard aux injonctions du ministre requérant des différentes entreprises concernées par cette mesure, un renforcement de présence auprès des populations.

Dossier trouble

La pression relative à la suspension de plusieurs lignes non recensées avait suscité un redéploiement stratégique sur le terrain des entreprises de téléphonie afin de toucher le maximum d’abonnés. En raison des faibles ratios enregistrés jusque là de part et d’autres par rapport au nombre réel des abonnés, les quotas atteint étaient relativement en dessous de la moyenne.

Dans cette perspective, la multinationale sud-africaine avait confié cette tâche à RMS, une agence de communication partenaire depuis son implantation au Cameroun. Cette entreprise sous-traitante devait avant la date du 28 février opérer le titanesque travail d’amener les retardataires et récalcitrants à se mettre au diapason de la décision ministérielle dans l’optique de permettre à l’entreprise de ne pas perdre un nombre conséquent d’abonnés. Un travail que l’entreprise aura réalisé en recrutant près de deux cent jeunes qui auront œuvré durement pour parvenir à convaincre les retardataires et les réfractaires à cette procédure.

Cependant, un mois et demi après avoir travaillé, ces derniers se plaignent de n’avoir pas encore perçu le moindre sou. Les jeunes gens en effet déclarent que l’entreprise RMS s’était engagé auprès d’eux à les solder deux semaines au plus tard, à la fin de leur travail or à l’heure actuelle non seulement le délai est largement dépassé, en plus l’entreprise semble vouloir les narguer sur ce qui leur revient de droit. En effet, s’étant rapproché pour certains de la direction, on leur aurait fait comprendre que la faute viendrait de Mtn qui n’aurait pas encore respecté ses engagements financiers vis-à-vis de l’entreprise. Une raison réfutable selon les plaignants dans la mesure où leur contrat ne prévoyait pas de paiement conditionné par un quelconque virement de Mtn.

Par ailleurs, les jeunes gens précisent que certains d’entre eux qui avaient des affinités avec des cadres de la structure, auraient perçu leur paiement en cachette. « Vous imaginez ce que ça peut faire ? Jusqu’à présent je n’ai pas pu payer la deuxième tranche de ma pension or je contais sur cet argent. Personne ne me prend en charge, donc je dois me battre pour survivre. Mais dans ces conditions, qu’est-ce qu’on veut que la jeunesse devienne ? Forcément des bandits ! » S’exclame un des jeunes mécontents. Un avis renforcé par cet autre qui déclare « Pour moi qui ai fait parti de la première vague, ça fait pratiquement deux mois et demi que j’ai fini et je continue d’attendre vainement. Cette histoire n’a pas de sens… »

 

Contestations

S’étant rapproché de la structure, cette dernière reconnaît avoir recruté les jeunes indiqués et ne les avoir pas payé jusqu’à présent. Le directeur des ressources humaine avouent également que quelques jeunes auraient perçu de l’argent mais uniquement un nombre extrêmement réduits pour essayer de les aider palier à certaines de leurs difficultés en attendant la paie. Par contre, la société indique qu’elle n’avait pas donné au préalable de délai de paiement quand bien même la loi fixe un nombre de jour pour le paiement d’une tâche effectuée. Toutefois sans donner de date butoir, Rms indique que le paiement sera effectif lorsque le bilan définitif des identifications aura été entièrement achevé « même après six mois ». Néanmoins son directeur explique que le travail effectué par ces jeunes comporte de nombreuses irrégularités et que très peu d’entre eux n’avaient pas pu atteindre le seuil minimal obligatoire de cent personnes recensés par jour.

Devant cette remarque, les jeunes explosent de colère en précisant qu’aucun quota n’avait été fixé dans la mesure où, ils ne disposaient d’aucune force pour contraindre les gens à se faire identifier. « C’est archi-faux ! Si au moins on nous avait donné des fusils, il aurait été possible d’obliger par la contraindre plus de mille personnes à se faire identifier par jour. Or nous n’avions que nos paroles pour convaincre des gens qui nous prenaient parfois comme des déchets. Je ne peux pas avoir bravé le soleil, la pluie et la famine tous les jours parfois pendant dix heures de temps pour ne pas percevoir ce qui me revient de droit… » Nous a indiqué un des temporaires.

Afin d’obtenir l’opinion de Mtn dans ce problème où le nom de celle-ci ne cesse d’être évoqué, les responsables de la communication de cette entreprise sont restés injoignables, préoccupés par les jeux universitaires.

Cette situation malheureuse remet au devant de la scène la précarité du monde de l’emploi et les lacunes arbitrales du ministère en charge. Un univers machiavélique où le piétinement de la loi et de la valeur humaine est un apanage au détriment de pauvres individus ayant eu le malheur d’offrir leurs services, leur temps et leurs espoirs à des patronats sans scrupule et sans la moindre once d’humanisme envers leurs semblables.

Paul Tonye Njel

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