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Résultats du dernier recensement : Pourquoi l’Ouest est-elle sous-peuplée ?

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ouestClassée au 6ème rang national. Contre une certaine opinion. Alors que personne n’y croyait plus, l’annonce de la lecture des résultats du dernier recensement de la population a fait l’effet d’une traînée de poudre. Cette promulgation survenue après une attente similaire à celle de la venue du christ par les chrétiens, met en exergue plusieurs analyses qui récusent vivement la quintessence desdits résultats. De prime abord, pour les partis politiques de l’opposition, la société civile et quelques experts en statistiques et démographie, de nombreuses irrégularités avérées laissent planer une idée de manipulation qui entrave sérieusement la crédibilité réelle du recensement.

Interprétations

Le premier couac évoqué demeure d’abord la durée de traitement des données et sa représentativité 5 ans après sur le terrain. Pourquoi les résultats ont-ils peiné à sortir ? Etant donné qu’une année représente un durée non négligeable en démographie aux dires des spécialistes, quel crédit accorder à des résultats obtenus autant d’années après le recensement ?

Même si les balbutiements des administrateurs en charge tentent vainement de donner une explication rationnelle à quelque chose d’incompréhensible, toujours est-il que le doute persiste favorisant les supputations de manipulation politique autour d’une opération sensible de cette envergure. La seconde contestation sur l’ossature du recensement concerne la distorsion des résultats au niveau de la répartition géographique. En effet, au regard de ce qui précède, la région du Centre occupe la première place avec 3.525 664 habitants talonné de très près par l’Extrême Nord. Le Littoral et le Nord oscille autour de 2 à 3 millions d’habitants. Des régions comme le Nord-Ouest, l’Ouest, le Sud-ouest et l’Adamaoua se situent respectivement par ordre décroissant entre 1 et 2 millions d’habitants tandis que l’Est, avant dernier et le Sud, à la traîne comptent moins d’1 millions d’habitants.

Au-delà des chiffres évoqués ce jour par le ministre délégué auprès du ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, l’opinion publique s’interrogent encore sur les chiffres publiés la semaine dernière ; notamment au niveau de curieuses réalités observées. En effet, aux dires des uns et des autres, la régression de la province de l’Ouest de la quatrième place à la sixième place lors du recensement de 1987, ou alors la montée fulgurante du Nord de la septième place au quatrième rang intéressent plus d’un.

 

Le cas de l’Ouest

La région de l’Ouest a été reléguée au sixième rang des zones les plus peuplées au Cameroun avec moins de deux millions d’habitants. Un classement qui vient contredire tous ceux qui soutenaient que la force des originaires de cette partie du pays n’était pas seulement son dynamisme économique ; mais aussi, sa poussée démographique. En réalité, lesdits résultats montrent qu’ils ne sont pas majoritaires, du moins pris individuellement dans leurs villages respectifs. Un sous-peuplement qui s’expliquerait par les migrations importantes qu’enregistrait cette région du Cameroun au fil des ans. Pour tout dire, les Bamiléké ne vivent pas de manière permanente chez eux, pour une grande majorité. C’est peut-être ce qui explique cette triste image des résidences ou groupements abandonnées, sans activité humaine, où vivent quelques âmes au crépuscule de leur existence ; s’activant uniquement lors des funérailles et autres cérémonies funèbres. Une fois les cérémonies achevées, le vide et le silence reprennent leurs droits. Pourquoi s’implantent-ils chez les autres alors que la bonne charité devrait commencer par soi-même ? Au nom de la politique d’intégration nationale prônée par les pouvoirs publics aux conséquences douloureuses à l’heure de la répartition des richesses nationales. Car en effet, la diminution des espaces arables et l’explosion du dynamisme économique des tribus de cette région a favorisé un nomadisme au profit de nouvelles régions industriellement prometteuses. Toutefois, même si cette explication ne résout pas complètement le problème, les enjeux restent énormes d’autant plus que les échéances électorales se profilent à l’horizon. Le débat est ouvert.

 

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