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Intimidation : Menaces sur la liberté de la presse

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journalistes11Les journalistes sont traqués au quotidien au Cameroun dans l’exercice de leur profession. Il ne fait plus bon d’être journaliste de nos jours au Cameroun. Car, toute sortie peut être interprétée comme un acte de subversion. Thierry Ngogang (rédacteur en chef de STV), Ananias Rabler Bindji (Canal2 International), Alex Gustave Azebaze (Aga Media) et Aboya Manassé Endong (professeur de droit à l'Université de Douala et directeur de publication de Africa Top secret), l’ont appris à leur dépens. Ils étaient encore présents à la barre le 13 avril dernier. Leurs avocats aussi. A l’exception de Maître Jackson Ngnie Kamga, qui défend les intérêts du promoteur de l’agence Aga Media. Malheureusement, les débats n’ont pas eu lieu. Car après lecture du rôle par le juge Ondoua, président de la collégialité, la défense a pris la parole pour demander un renvoi, à cause de l’indisponibilité de Maître Jackson Ngnie Kamga, victime d’une intervention chirurgicale. Et parce que le prétexte valait certainement la chandelle, l’affaire a été renvoyée au 08 juin 2010. Les quatre hommes, bien connus des téléspectateurs camerounais, sont accusés de « viol de secret », lors d'un débat télévisé intitulé « Cartes sur table » sur Spectrum Télévision. Menaces Avant ce procès fort couru par les hommes de media et les leaders politiques, Henriette Ekwé, la directrice de publication du journal BEBELA était entendue par les éléments de la sûreté nationale et de la direction générale à la recherche extérieure (Dgre). En effet, convoquée par téléphone par le patron des renseignements généraux pour le Littoral, Tata Henriette (comme nous l’appelons affectueusement) s’est présentée dans les locaux desdits services sis à côté du commissariat à l’Emi-immigration au quartier Bonanjo en compagnie de quelques confrères, pour cet exercice pas du tout commode auquel les journalistes sont parfois soumis au Cameroun, lorsqu’ils disent ou écrivent des choses qui dérangent. On ne sait jamais. La situation peut bien se compliquer. C’est une fois la porte refermée que Henriette Ekwé apprend qu’il lui est reproché d’avoir pris part le 6 avril dernier sur Equinoxe Tv à une émission au cours de laquelle elle a fait des analyses relatives au putsch manqué du 6 avril 1984. Le détail qui dérange c’est sa réponse à la question de savoir si une nouvelle tentative de coup d’Etat est possible au Cameroun aujourd’hui. Elle avait alors répondu en disant que « si les conditions qui avaient provoqué la situation de 1984 sont les mêmes, une nouvelle tentative de coup d’Etat est bien possible. » Malheureusement, cette réponse n’aurait pas plu aux éléments de la sécurité. Ces derniers parlent d’ « incitation à la révolte ». C’est du moins ce qui lui a été signifié au cours de son interrogatoire. Durant cet exercice, les éléments commis à cette besogne n’ont pas omis de proférer quelques menaces à la journaliste, a-t-on appris Face à cette situation, le Snjc par la voix d’Alex Gustave Azébazé se dit « étonné que des autorités policières et militaires s’autorisent à convoquer des journalistes par des voix de travers. Nous demandons au gouvernement de veiller sur la liberté des journalistes à s’exprimer librement, y compris à donner leur opinion sur les affaires et événements publics. » En plus de ses fonctions de directrice de publication de Bebela, Henriette Ekwé est la vice-présidente de l’Union des Journalistes du Cameroun (Ujc), conseillère au bureau du Snjc et responsable genre pour l’Afrique de la Fédération internationale des journalistes (Fij) Face à cette situation, la Fij appelle le gouvernement camerounais à mettre fin à l’intimidation des journalistes. En tout cas des actes de ce genre vont s’accentuer dans les jours à venir, surtout à l’approche de la prochaine présidentielle
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