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Ces critiques qui dérangent le Rdpc

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rdpc02Au moment où le parti au pouvoir célèbre le 25ème anniversaire de sa création, certains sons divergents jettent le trouble sur le chemin qu’il a parcouru jusqu’ici. 25 ans après l’avènement du Renouveau, le parti au pouvoir peut-il se targuer d’avoir participé ardemment au développement du Cameroun ? Comment vit-il et peut-il survivre à l’après Biya ? Les réponses sont nombreuses et variées.

Preuve que ce qui se passe au sein de ce parti intéresse au premier chef  les Camerounais. Pourrait-il ne pas en être le cas ? Assurément non !  Car, c’est le Rdpc qui est au pouvoir. D’ailleurs le secrétaire général de son comité central ne nie pas le rôle qu’il joue dans les propositions faites au gouvernement. « Nous sommes une force de propositions. » clame-t-on de côté. Ce qui veut tout dire. Donc, les griefs relevés ces derniers jours contre le pouvoir en place sont en quelques sortes comme des cailloux dans les chaussures du Rdpc.

 

Critiques

Certains observateurs se plaisent à souligner que moins de 30% de membres du Rdpc le sont  par conviction. « Au Cameroun le Rdpc est à la fois un parti, un gouvernement, un état d’esprit et une machine à broyer de l’opposant. Ce n’est pas cela la démocratie. La démocratie véritable se joue sur la capacité à mobiliser autour d’un programme fédérateur et à mettre en place ses actions au gré du programme initial. Elle enjoint au gouvernement issu des consultations, qui n’aura pas satisfait l’électorat, de céder la place à l’alternance : il n’y a eu  aucune alternance au pouvoir depuis la transformation de l’Unc en Rdpc à Bamenda en mars 1985. En d’autres termes, nous sommes encore dans un régime monopartite qui tait son nom et fabrique du clientélisme en affamant son peuple pour mieux recruter. »

Cette diatribe de Georges Minyem, chercheur en sciences politiques EHESS-Paris et homme politique, traduit à suffisance les griefs que certaines personnes portent encore contre le Rdpc et à celui qui l’incarne.

Certains vont même plus loin en martelant que le bilan des 25 ans de pouvoir du Rdpc est un cuisant échec. « Il s’agit d’un passif sans survaleur. » disent-ils. Pour les partisans de cette thèse, le Cameroun, sur le plan économique, est un pays pauvre très endetté, où les infrastructures de base font cruellement défaut. Il y a peu encore, c’est la ville de Yaoundé qui a payé les peaux cassées de cette gestion approximative des affaires de la cité. A en croire leurs propos, le Rdpc a été composé de piètres gestionnaires. C’est la raison pour laquelle la pauvreté n’a jamais été aussi élevée que depuis une quinzaine d’années au Cameroun.

Sur le plan moral, le Cameroun figure constamment dans les premières places du classement Transparency International ; de nombreux ministres du Rdpc sont en prison pour vol, malversations financières et autres escroqueries dignes de bandits de grand chemin.

Sur le plan politique, la gestion politicienne qu’a instituée le Rdpc enjoint aux gouvernements successifs de servir non point la société, mais le parti. Ainsi se met en place une dynamique pernicieuse qui alimente à la fois l’Etat et le parti dans un jeu restreint à 2 où les autres partis représentés au parlement font le jeu anti-démocratique d’un fonctionnement en biais officialisé.

 

Fonctionnement

Le Rdpc est décidemment sous les projecteurs. Rien ne semble échapper à la critique de ceux qui militent en faveur du départ de Paul Biya. Même son fonctionnement interne est au cœur de la critique.

L’un des aspects de son fonctionnement qui revient le plus est celui de la tenue de son congrès ordinaire. Annoncé depuis plus d’un an, rien jusqu’ici ne semble se profiler à l’horizon. Qu’est-ce qui justifie cet état de choses ? Difficile d’y apporter de réponses. Mais ce qu’on sait, c’est que l’article 17 des statuts du Rassemblement démocratique du peuple camerounais confère à cette instance, une place quasi-importante dans la gestion du parti. Certainement au même titre que le Comité central et le Bureau politique. Si les autres réussissent de temps à autre à se réunir, tel n’est pas le cas pour celui-ci. Pourtant, dans l’article 18 des mêmes statuts, on note que c’est le congrès qui définit l’orientation politique, économique, sociale et culturelle, ainsi que le cadre général de l’action du parti. « Il se tient tous les cinq ans. Toutefois, en cas de nécessité, cette période peut être abrégée ou prorogée par le Bureau politique. » Peut-on y lire. Et selon certains observateurs, c’est à ce niveau que tout se joue. Un jeu qui n’a malheureusement pas permis à certains militants d’avoir la possibilité d’assister au moins une fois pendant leur mandant, aux travaux de cette instance du parti. Les militants du Rdpc eux, ne manquent pas d’arguments pour justifier cet état de choses, comme vous le constaterez dans les réactions glanées dans le cadre des manifestations prévues en prélude à cet évènement

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