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Le ministère des Transports et la Sûreté nationale se mobilisent contre un réseau de fausses cartes grises et la traque des véhicules volés. Longtemps assimilé à l’antre par excellence du trafic des véhicules en Afrique centrale, cette qualification éhontée a conduit les autorités policières, la douane camerounaise, le ministère en charge du transport et Interpol à tenter de remédier à cette gangrène.
A cet effet, dans le but de redorer le blason de l’imagerie du pays de Paul Biya, l’ancien Délégué Général à la sûreté Nationale avait initié l’opération surnommée Gbanda. Cette opération au départ assez rebutée quant à la portée, avait conduit à la saisie d’une centaine de véhicules de luxe sur toute l’étendue du territoire. Des marques de voitures huppées hors de portée du commun des citoyens qui traduisaient nettement la catégorie sociale indexée dans ledit trafic.
Cette saisie spectaculaire, qui par la suite a donné place à toutes sortes de supputations, s’est avérée insuffisante pour endiguer le mal. En effet, loin d’avoir résorbé le problème, un nombre important de voitures de marques portées disparus en Europe continuent d’affluer au Cameroun. Des voitures dérobées à leur propriétaire sont acheminées au pays grâce à des réseaux de contrebande organisés supposés être alimentés par des hauts fonctionnaires véreux. Grâce à nos sources, une centaine de ces véhicules auraient continué illicitement d’être transporté au Cameroun durant l’année écoulée.
Face à cette situation, une troisième descente sur le terrain dans le cadre de Gbanda a été effectuée, il y a quelques temps. Cette dernière plus fructueuse que les précédentes a notamment débouché sur l’arrestation d’une centaine de véhicule d’une valeur avoisinant les 4 milliards de Fcfa.
Fausses cartes grises
Pour couronner le tout, le ministère des Transports, dans la perspective d’assainir ce secteur, a démantelé parallèlement un réseau frauduleux de cartes grises. Ce réseau, dont on ignore véritablement les modes de fonctionnement, élaborerait des cartes grises sans aucune conformité déontologique. En effet, en raison de la durée réelle d’obtention du précieux sésame, des circuits irréguliers parallèles proliféreraient en toute quiétude. Les multiples démarcheurs en complicité avec des fonctionnaires corrompus, influent dans la régularité procédurale d’obtention de la carte grise. Par ailleurs, la corruption, la précarité et la désuétude temporelle du système d’archivage prévalant dans le domaine des transports au Cameroun constituent l’une des causes majeure selon les professionnels du secteur.
Pour ce faire, le ministère des Transports, en accord avec les forces de Police, a établi une liste de 378 automobiles n’étant guère dans la régularité. Des voitures soient de provenance illégale ou étant en possession de numéros de cartes grises illicites qui dès leur repérage, devront faire l’objet d’une saisie exécutoire. Ces arrestations devront systématiquement conduire à des enquêtes minutieuses devant déterminer la responsabilité véritable des propriétaires desdits véhicules et leur éventuelle implication dans les différents réseaux.
Une analyse méticuleuse de ladite liste indexe nommément des voitures appartenant à des particuliers mais aussi à des entreprises de renom. Des multinationales brassicoles, des représentants agréés de marques de voiture étrangères, des sociétés locales et autres sont dans le collimateur du ministère des Transports et de la police.
Inquiétudes
Malheureusement, des appréhensions diverses entachent énormément cette procédure se voulant coercitive. En effet, certains automobilistes récrient vivement la non conscience professionnelle des policiers dans la mesure où ces derniers usent de cette opération pour se livrer à des rackets diverses. Au-delà des différences réelles existant entre l’opération Gbanda et celle du ministère des transports, beaucoup estiment que l’imbroglio qui règne permet aux agents du maintien de l’ordre d’extorquer de l’argent. Toutefois, conscients de l’importance d’une telle procédure, quelques uns interpellent vivement les pouvoirs publics afin qu’ils veillent à la réussite de cette initiative qui risque fort d’être clochardisée comme à l’accoutumée si rien n’est fait
