La Turquie croit aux potentialités économiques du Cameroun



Le forum d’affaires et d’investissement tenu hier a permis aux opérateurs économiques des deux pays d’explorer des pistes de partenariat. L’après-midi avait commencé par une grande mobilisation. La salle Bouma B de l’hôtel Hilton ressemblait alors à une ruche. On aurait eu du mal à imaginer que là se trouvaient d’éminents hommes d’affaires turcs et camerounais et que tout ce beau monde devait être rejoint en début de soirée par le président de la République de Turquie, Abdullah Gül.
Le président turc était accompagné par le Premier ministre camerounais, Philemon Yang et une belle brochette de membres des gouvernements turc et camerounais. Dans le fond, le chahut initial était voulu. Ce que l’on a baptisé forum d’affaires et d’investissement Turquie-Cameroun a adopté un format original : des échanges « corps à corps » entre opérateurs économiques turcs et camerounais. Des plus connus aux anonymes. 140 hommes d’affaires turcs ont ainsi fait face à près de 300 opérateurs économiques camerounais. Pendant près de quatre heures, chaque homme d’affaires pouvait librement discuter et nouer des contacts d’affaires avec l’interlocuteur de son choix en fonction de ses centres d’intérêt.
Et ce sont ces échanges très enthousiastes qui, en fin de compte, ont parfois donné l’impression d’un grand capharnaüm. Mais, de l’avis général, il n’en était rien. Pour Alain Boutchang, jeune homme d’affaires camerounais « c’est une belle approche de laisser les gens discuter librement. Les affaires s’encombrent de peu des discours. Et les échanges que nous avons eus avec les hommes d’affaires turcs ont été très intéressants. La Turquie a beaucoup de choses à offrir au Cameroun ». Le point de vue d’Alain Boutchang était partagé par la plupart des personnes présentes lors du forum. Et c’est dans une belle ambiance qu’opérateurs économiques turcs et camerounais ont échangé avant le clou du forum dans la soirée.
Le point culminant du forum avait pour officiant principal, le président de la République turque. Il est resté collé à l’esprit général : pragmatique. En prenant la parole, il n’a pas tenu un discours à proprement parler. Il s’agissait plutôt d’un message qu’il tenait à délivrer à l’endroit des hommes d’affaires turcs et camerounais. Un appel au partenariat, seule solution pour faire face aux défis du monde moderne. Du reste pour Abdullah Gül, le monde a une dette envers l’Afrique. Et la Turquie entend bien payer la sienne en travaillant avec le continent. Car les aides humanitaires et techniques c’est bien. Mais les échanges technologiques et de connaissances, c’est encore mieux. En tout cas, le président turc a formulé le vœu que les contacts d’affaires entre Turcs et Camerounais puissent rapidement aboutir à des réalisations concrètes.
L’illustre hôte du Cameroun s’est félicité à la suite du Premier ministre chef du gouvernement du potentiel camerounais et surtout du climat de paix et de stabilité politique qui règne au Cameroun. Ce sont des éléments essentiels pour faire des affaires, a-t-il souligné. Et la Turquie entend bien en faire avec le Cameroun notamment dans le secteur de la construction (logements sociaux, bâtiments etc.) où le savoir-faire turc n’a d’égal que le gros besoin du Cameroun. Le secteur agricole est également dans le collimateur, de même que l’énergie, les mines, la santé et l’éducation. Et en ce qui concerne l’éducation, la jeunesse universitaire a décroché séance tenante la promesse de 20 bourses, dont 10 du recteur de l’université d’Izmir en Turquie et 10 autres que se promet d’octroyer un homme d’affaires turc chaque année à des étudiants camerounais.
Par ailleurs, le président Abdullah Gül a rassuré les hommes d’affaires turcs et camerounais du total soutien des Etats. Car pour aller vite, il faudrait que les Etats créent des conditions favorables pour encourager les investissements. Il faut une fiscalité souple, des procédures douanières simplifiées et fluides. Au demeurant, de l’aveu même du président turc, les premiers accords ont déjà été signés et d’autres le seront. Ils visent tous à mettre en exergue une forte volonté politique des deux pays pour établir un partenariat économique solide. Et l’esprit dans lequel s’est déroulée la rencontre du l’hôtel Hilton augure des lendemains qui chantent.