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C’est autour de cette préoccupation que s’est articulée une conférence de presse organisée par le Lion’s club mercredi dernier. Au Cameroun, plus de 600000 patients souffrent de problèmes liés à la vue et 180000 personnes sont plongées dans une cécité totale. Par ailleurs, 60% des personnes atteintes de cécité sont des analphabètes primaires qui ne savent ni lire,
ni écrire, ni compter. Ces chiffres ont été relevés par Paul Tezamo, mercredi 10 mars à Douala. Le président de l’association nationale des aveugles du Cameroun (Anac), s’exprimait au cours d’une conférence de presse organisée par les clubs du Lion’s club international sur le thème « Sauvegarde de la vue et insertion sociale des aveugles».
D’après Robert Ekabe, président du club des jeunes aveugles réhabilités du Cameroun (Cjarc), le nombre important d’aveugles illettrés peut se justifier par le manque de structures spécialisées dans la formation des aveugles. Robert Ekabe mentionne également l’absence de documentation en braille, notamment les œuvres scolaires au programme. «Il faut envoyer les enfants aveugles tôt à l’école du braille. Une fois adulte, il est difficile de s’y mettre », a-t-il conseillé.
Il existe des textes de lois qui facilitent l’éducation des enfants handicapés, «mais ces textes ne sont pas toujours respectés sur le terrain », a déploré le délégué régional de la Santé pour le Littoral, le Dr Henry Arsène Bita. La question de l’insertion socioprofessionnelle des aveugles a également été évoquée au cours des échanges auxquels a pris part Essaï Mongory, gouverneur du Lion’s club district 403b. Etaient représentés à cette rencontre, le préfet du Wouri, le délégué régional des affaires sociales, le directeur du Fne et le secrétaire exécutif du Gicam. Lors de son exposé sur le thème « insertion sociale et économique des aveugles », Jean Pascal Soplingom, un journaliste aveugle, a relevé que très peu d’aveugles au Cameroun ont un emploi rémunéré. Il propose, pour améliorer cette situation, que soient créés et diversifiés des établissements d’enseignement professionnel pour aveugles. Le Lion’s club qui a organisé ces échanges, est lancé dans la lutte pour la sauvegarde de la vue et l’insertion sociale des aveugles depuis 1984.
