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C’est l’objectif poursuivi par les membres de l’Association cotonnière africaine qui se réunissent les 11 et 12 mars 2010 à Yaoundé. La production cotonnière du Cameroun est en baisse continuelle depuis près d’une décennie; si l’on s’en tient aux statistiques de la Société de Développement du Coton du Cameroun, Sodecoton. Ils indiquent que depuis les années 2000, la production cotonnière a connu des baisses progressives.En effet, entre 2000-2001, la production coton-graine est passée de 228.501 tonnes à seulement 145.00 tonnes lors de la saison 2008-2009. Plusieurs facteurs expliquent cet état de choses. Parmi ceux-ci, l’on évoque le facteur climatique, la baisse des coûts du coton sur le marché international et le découragement des producteurs. Tout ceci découle de la décrépitude de la filière cotonnière, dont la conséquence est la mauvaise rémunération des artisans pour leur travail. Pour Iya Mohamed, directeur général de la Sodecoton, les raisons de la régression sont davantage d’ordre climatique. « La production cotonnière a connu une baisse, non pas à cause du désengagement des producteurs, mais plutôt du fait des conditions climatiques qui ne sont pas favorables à la culture du coton. En l’absence des pluies, rien n’est possible. L’année dernière par exemple au mois de juin, il n’a pas plu. ?a a été une sécheresse totale. Toutes les cultures confondues ont connu une baisse importante » , déplore le Dg.
Sortie de crise
Face à cette situation, que faut-il donc faire alors que le Cameroun est le troisième producteur francophone de coton et nourrit indirectement ou directement environ deux millions de cotonniers ? Cette préoccupation pourra sans doute connaître un début de solution au terme des assises de Yaoundé.
Les contours de ladite assise ont été donnés vendredi dernier dans la salle des conférences du ministère du Commerce lors d’un point de presse du maître des lieux assisté du directeur général de la Sodécoton. Pour le ministreLuc Magloire Mbarga Atangana, les enjeux des assises, qui se tiennent pour la première fois au Cameroun, sont multiples. « Ce sera l’occasion pour l’industrie cotonnière camerounaise de se frotter aux autres. Au-delà des réflexions de fond qui vont engager la filière africaine de coton. Et au-delà de la sempiternelle question de distorsion de concurrence accordée aux producteurs européens et américains, il s’agira de se pencher sur l’avenir du coton africain face à cette concurrence occidentale. La réunion de Yaoundé donne l’occasion de réfléchir sur les voies et moyens à mettre sur pied pour sortir notre coton de l’ornière. De la propulser vers cette compétitivité nécessaire sur le marché. Nous allons également voir comment diversifier la production, et comment appuyer cette transformation pour peut être s’orienter vers d’autres forme de culture de coton. » Relève le Mincommerce
Le thème des travaux qui est « coton africain face à ses défis », semble bien indiqué pour un redécollage de la filière en proie à des difficultés. Les participants devront donc, au sortir de là, avoir épilogué sur la question majeure de la loi du marché international qui présente deux modes de fonctionnement. D’un côté les pays industrialisés qui subventionnent leur production ; et de l’autre, les pays africains qui produisent à l’aide de méthodes archaïques et subissent le diktat des pays riches en matière de fixation des prix.
83 participants issus de 18 pays sont attendus à Yaoundé. Bon à savoir, l’Association cotonnière africaine, Aca, vit le jour en 2002 au terme de la réunion ministérielle de l’Omc à Cancun. Constituée de professionnels africains de coton, elle collecte et traite de toutes les informations relatives au coton. Elle compte 62 membres constitués de sociétés africaines de coton, de membres associés et de membres correspondants. Depuis sa création en 2002, l’Aca a contribué à l’initiative sectorielle pour le coton des pays les moins avancés.
Floriane Payo
