Yaoundé a-t-il un problème d’eau ?



La capitale du Cameroun souffre d’une grave crise, dans une indifférence incompréhensible. La pénurie traduit de manière simple ou simpliste un manque ou une absence temporaire ou longue d’une nécessité. Celle que vivent les populations de la capitale et d’autres villes au Cameroun concerne l’eau.
Cette situation a fait les choux gras de la presse locale qui y est allée sans réserve, reconstituant chacun à sa manière le film du désarroi des populations . Qu’est ce qui explique cette pénurie ? Pourquoi y a-t-il pénurie ? Que font les autorités pour résorber cet état de chose ? Ces questions lancinantes et si récurrentes ne créent décidément pas l’effet résolutoire tant souhaité et tant attendu. C’est pourquoi , nous avons entrepris de poser le problème autrement : Yaoundé connait-il un problème de pénurie ou de manque d’eau ?
La célèbre phrase du président de la République, Paul Biya , «Tant que Yaoundé respire , le Cameroun vit », nous a inspiré non seulement une réponse à cette question , mais encore, une réflexion globale sur la problématique de l’eau au Cameroun, telle qu’elle est ficelée par le gouvernement camerounais .
L’eau c’est la vie, a-t-on coutume de dire, et on aurait espéré que l’absence de l’eau à Yaoundé , même pour un jour, eût préoccupé les autorités , du fait que si Yaoundé venait à manquer de la principale source de vie , c’est le Cameroun tout entier qui se retrouverait dans le coma . Alors, si les autorités ne s’en préoccupent pas jusqu’ici , c’est tout simple , Yaoundé ne connaît pas de problème ou ne manque pas d’ « O ».
En effet, la formule chimique de l’eau, H 2 O, c’est à dire une combinaison des atomes d’Hydrogène ( H2) et d’Oxygène ‘’O’’ indique clairement que des deux atomes, seul celui d’Oxygène permet la respiration . Convenons donc avec les autorités que Yaoundé , même sans son eau, continue à respirer grâce à son ‘’O’’ . Du coup, on en conclut qu’il n’y a pas de pénurie ou manque d’ ‘’O’’ à Yaoundé. Pourquoi donc s’en préoccuper ? Toutefois, si paradoxalement, les autorités ont résolu de servir aux populations de la capitale le rationnement de l’eau , l’une des versions sans cesse renouvelée de la touche communiste qui enrichit constamment notre démocratie, c’est parce que, pour coller à l’actualité, ayant gardé son ‘’O’, le Cameroun a perdu son double H.
C’est donc la perte du double H (H2) qui fait problème et non l’eau (O).
Avec la perte du double H, le Cameroun entre indubitablement dans une phase de récession avec son eau (O) .
Récession qui a de graves répercussions dans la société et sur notre économie . Les faits sont là (maladies hydriques , délestage …) pour indiquer de manière implacable, qu’il s’agit des conséquences de la crise de l’eau. Une crise qui a déjà assez duré pour que l’on continue à prescrire des solutions dans l’urgence. Il y a donc lieu de prendre le problème à bras le corps et envisager de manière radicale une véritable politique de gestion de l’eau au Cameroun. Or que constate-t-on ? Une apathie générale et généralisée sur une question si cruciale. Où sont passés ces hommes d’église, parfois politiciens d’un soir, pour crier la détresse du peuple ? Où sont ces hommes politiques , qui hier encore , sollicitaient nos suffrages pour leur confier notre quotidien , et prenant chaque fois à témoin le peuple au plus fort des querelles politiques , ne s’embarrassent point à témoigner à leur tour de notre quotidien ? Où est elle, cette société civile pas toujours résolue à occuper la scène ? Vous avez parlé d’immobilisme, professeur Maurice Kamto, en réalité nous nous sommes carrément plantés !