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La volonté affichée du ministre camerounais des Finances de remettre de l’ordre dans le choix des dépenses de l’Etat, ne semble pas faire l’unanimité, selon des sources au sein de l’administration des finances.
Premier point de reproche selon lesdites sources: la mise en application d’une mesure - prise il y a pourtant plus de trois ans, lorsque le ministre Essimi Menye était aux finances- à savoir la suspension des per diem aux fonctionnaires et autres agents de l'Etat lors des séminaires.
«Prendre une telle mesure est à la fois dangereuse et irréfléchi. Personne ne s’y attendait et du coup les gens risque de saboter les séminaires qui bien que dénaturés par les per diem, ont leur rôle à jouer dans le fonctionnement de l’administration. Donc les gens risquent de réfléchir sur le meilleur moyen de contourner ce problème au détriment de l’intérêt du service général. Un dialogue-sans per diem bien sûr - autour de la question aurait été plus pratique. En tout cas on verra, mais la majorité des agents de l’Etat ne supportent pas cette mesure] nous confie notre source du ministère des finances.
Pourtant le nouveau ministre semble loin d’être impressionnable. Il a clairement montré sa volonté de dénicher tous les postes de dépenses inutiles pour les finances publiques. A l’ouverture de la conférence annuelle des responsables des services centraux et déconcentrés du ministère des finances la semaine dernière, Alamine Mey a présenté les grandes lignes de son programme pour la nouvelle année. Le ministre a annoncé son intention de porter un intérêt particulier au suivi de performance et de réforme des sociétés à capitaux publics. Le ministre semble vouloir remettre sur la table des débats, la question du revenu et du statut des directeurs généraux des entreprises publiques. Un rapport de la cour des comptes avait mis en évidence en 2011, le fait que dans ce domaine, les dispositions de la loi n’étaient pas respectées. Le ministre des finances lui a décidé de restaurer «l’orthodoxie en la matière». Des observateurs y voient déjà des ponctions sur les charges de fonctionnement de ces structures. Alors que la marge règlementaire est fixé par exemple à 150 000 Fcfa pour certaines rémunération, certains au nom de l’accroissement des coût de vie ont vu leur revenus multipliés parfois jusqu’à 20 fois, alors que pour le commun des camerounais le pouvoir d’achat s’est divisé par quatre en 20 ans.
Dans les milieux bien introduits, on parle de feu de paille, commentant les initiatives du jeune ministre des finances. L’histoire semble leur donner raison. A peine installé à la primature, Inoni Ephraïm avait milité pour le respect des heures de travail, se présentant avec des équipes de télévision à 7 heures 00 devant des administrations pour prendre des sanctions. L’impact le plus significatif aujourd’hui de cette action semble être l’équipement des administrations en gadget de toute sorte pour contrôler le mouvement des personnels, mais sans grand impact sur le rendement de l’administration.
Arrivé aussi au ministère des domaines, Pascale Anon Adibime, avait pris sur lui de faire respecter la propriété de l’Etat. Il a instruit la libération des maisons par des non-fonctionnaires, et la non utilisation des voitures d’Etat en dehors des contextes officiel. «Ils sont où aujourd’hui? on les a relevés. Le pays ci n’aime pas les gens qui font bien leur travail. En réalité ce n’est pas étonnant que Paul Biya soit encore aux commandes du Cameroun. Peu de camerounais peuvent supporter un gouvernement normal» commente pour sa part un cadre du ministère du commerce.
D’autres experts se veulent plus rationnels et espèrent que l’action de Monsieur Mey s’accompagne des mesures d’accompagnement. «Le problème de la fonction publique camerounaise ce n’est pas seulement les primes ou les per diem. Il y a qu’il faut penser toute la logique administrative de recrutement, les indicateurs de performance, sinon il va se faire broyer par le système et sera rangé dans les statistiques de ceux qui ont osé lever quelque chose», explique un ingénieure de statistique économique au ministère de l’économie.
