Rapprochement: Jean Nkueté et Cavaye Yéguié se réconcilient



Le secrétaire général du comité central du Rdpc a rencontré mercredi le président de l’Assemblée nationale, après de longs mois de brouille.La prochaine session ordinaire de l’Assemblée nationale a lieu au mois de mars, mais manifestement le président de la Chambre ne chôme pas entre-temps.
En effet, mercredi dernier, Cavaye Yéguié Djibril a reçu en audience l’ambassadeur de Corée du Sud au Cameroun, Cho June-Hyuck, et le secrétaire général du comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), Jean Nkuété.
Avec le diplomate coréen, à en croire le quotidien Cameroon tribune, il a été question de renforcer les liens de coopération entre le Cameroun et ce pays, une coopération auréolée, il y a quelque temps, par la pose de la première pierre du Centre national des urgences de l’hôpital central de Yaoundé ,qui est, en grande partie, financée par la Corée du Sud.Mais, en croire le même journal gouvernemental, la rencontre Nkuété-Cavaye procédait d’une consultation «ordinaire entre camarades du parti».
Sur les antennes de la télévision nationale (Crtv), on a pu apprendre , en plus, que cette audience est , d’après les deux parties, la prise en compte de ce qu’une collaboration entre le Rdpc et l’Assemblée nationale favoriserait la mise en oeuvre de la politique des «grandes ambitions» prônée par le chef de l’Etat, Paul Biya.Si ces versions se complètent autant sur une audience qui aurait pu passer pour un échange ordinaire entre deux «camarades», c’est bien parce que depuis plus de six mois le torchon brûle entre ces hommes qui sont tous en droit de revendiquer une proximité certaine avec le président de la République.
Tout commence à l’ouverture de la session parlementaire de juin à l’Assemblée nationale. Le président de la Chambre, Cavaye Yéguié Djibril lance un Sos à propos de l’état de santé de la Société camerounaise de développement du coton (Sodecoton). Désaffection«Je voudrais évoquer ici, pour le déplorer, la préoccupante et inquiétante situation du coton camerounais. Une des mamelles nourricières des régions septentrionales depuis des décennies et culture pérenne de choix au même titre que le cacao et le café, le coton national connaît aujourd’hui comme une descente aux enfers malgré le cours alléchant.
Cette situation se caractérise par : Une désaffection grandissante des producteurs avec pour conséquence, une chute drastique de la production nationale qui est passée de 300 000 tonnes en 1995-1906, à 114 000 tonnes en 2008. De récents efforts auraient relevé à 143 000 tonnes la production nationale en 2010-2011. Force est de reconnaître que nous restons bien loin de nos potentialités réelles. A la désaffection des producteurs, s’ajoute une évasion massive un peu qui reste vers des pays voisins.
Le Nigéria par exemple, où les prix pratiques sont trois fois plus intéressants 600frs contre 200 frs au Cameroun», déclarait-il.Et de poursuivre : «Il s’agit également de mettre en place un management adapté et dévoué à la cause du coton. Manifestement, la Sodecoton file du mauvais coton, il faut dont une gestion avec des hommes disponibles et qui ne seraient pas partagée entre des passions multiples car, le coton camerounais ne saurait se gérer en dilettante ou à distance à partir de lointaines arènes ».Quelque jours plus tard, l’actuel secrétaire général du comité central du Rdpc, alors vice-Pm en charge de l’Agriculture affirme : «Je ne suis pas d’accord avec les déclarations faites par le très honorable président de l’Assemblée nationale. En 2010, la Sodecoton a fait des bénéfices de l’ordre de 2,8 milliards de nos francs. C’est la preuve d’une gestion rigoureuse et saine.
Les dirigeants de la Sodecoton font un travail remarquable. Je ne peux que conseiller aux fils du grand Nord de considérer la Sodecoton comme leur bien commun».Dès lors, les rapports entre Nkuété et Cavaye se distendront jusqu’à l’ouverture de la session parlementaire de novembre dernier, lors de laquelle Cavaye Yéguié reviendra à la charge, en interrogeant le bilan du comice agropastoral, six mois après : «Au sortir du comice d'Ebolowa, le chef de l'État avait prescrit un délai de six mois, pour la mise en route de la nouvelle politique agricole. La présente session budgétaire devrait nous permettre de dresser un premier bilan des actions menées et de se projeter dans l'avenir. C'est un défi à relever, un défi républicain qui doit, à terme, assurer à notre pays : La création de nombreux emplois, l'amélioration du niveau de vie de nos populations et la sécurité alimentaire dans les dix régions de la république et même dans sous-région pour coller à l'ambition du président Paul Biya, celle de transformer le Cameroun en un véritable grenier pour l'Afrique centrale».A cette interpellation frontale, Jean Nkuété répondra, face à la presse : «Le président de l'Assemblée nationale ne fait que son travail. Tous les dossiers sont prêts.
La banque des petites et moyennes entreprises a déjà été créée par le chef de l'État, La Chambre d'agriculture est fonctionnelle. Récemment, il y' a eu la signature d'une convention avec la société nationale des hydrocarbures sur la création d'une usine de fabrication des engrais. Bientôt, on aura les premiers tracteurs montés au Cameroun». Au-delà des mots, par la magie du décret présidentiel, l’ancien vice-Pm en charge de l’Agriculture héritera le 9 décembre du maroquin de Sg du comité central du Rdpc, ce qui lui attribue un rôle central au sujet des investitures des candidats du Rdpc aux élections législatives. Député depuis… 1971; Cavaye Yéguié Djibril doit passer par les fourches caudines de son «ancien» ennemi...Georges Alain Boyom.