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Depuis six mois, l’hôpital Gynéco-obstétrique de Ngoussou à Yaoundé est au cœur d’un scandale de bébé volé. Vanessa, jeune mère de 17 ans, campe depuis le 20 aout dans cette hôpital où elle réclame son bébé disparu, tout juste après son accouchement.La presse menacée
Le 15 janvier, le quotidien Le Jour diffuse un dossier de deux pages sur le sujet, et ce qui était considéré comme un fait divers est repris par presque tous les journaux. L’affaire éclate et, enfin, les autorités sanitaires décident de se prononcer. « L’enfant aurait été volé par une fille qui serait entrée dans l’hôpital et qui aurait enlevé l’enfant dans la couveuse sans éveiller le moindre soupçon », affirme un responsable. La presse locale décide d’en savoir plus. Elle essaie de rencontrer de la victime, mais malheureusement tous les journalistes qui approchent Vanessa sont brutalisés, puis emmenés de force au commissariat où ils sont interrogés pendant plusieurs heures avant d’être libérés avec interdiction de remettre les pieds dans l’hôpital. Face à la pression médiatique, la jeune fille a été expulsée de force de l’hôpital par les forces de l’ordre.
Un air de trafic
Face à l’intérêt croissant observé autour de l’affaire Vanessa, Sosthène Fouda, homme politique, s’est saisit de l’affaire et affirme vouloir « mener son enquête ». Il a annoncé avoir retrouvé l’enfant de Vanessa chez un couple de magistrat. C’est alors qu’il convoque une conférence de presse durant laquelle il « promet de donner les noms du couple qui détenait l’enfant de Vanessa et de toutes les personnes impliquées dans le trafic d’enfants et autres, dans les hôpitaux du Cameroun ». Coup de tonnerre, la conférence de presse est annulée par la police, l’homme politique est arrêté et les journalistes présents sont obligés de se cacher afin de ne pas se faire prendre.
Loin d’être un cas isolé, l’histoire de Vanessa se répète tous les jours dans tous les grands hôpitaux du Cameroun, où de nombreuses mères, continuent à chercher leurs bébés disparus. Des familles se retrouvent même à enterrer leurs morts avec des organes en moins à cause du trafic d’organes. Pourtant, les responsables d’hôpitaux continuent à prétendre n’être « au courant de rien. »
