Ben skin: Le syndrome de Déido aux portes de Yaoundé



Visiblement dans le souci de mettre bon ordre dans les activités des motos-taxis ,monsieur Gilbert Tsimi Evouna, Délégué du Gouvernement auprès de la CUY (communauté urbaine de Yaoundé), capitale du Cameroun a signé la semaine dernièreune décision prescrivant entre autres, le cantonnement en zones géographiques bien précises desdits moyens de transport,
le port d’uniformes et…la limitation de leur liberté de mouvement, au moyen d’une interdiction de circuler dans les axes principaux de la ville de Yaoundé, leur « terrain de chasse » devant se limiter aux zones enclavées, notamment dans la périphérie.
Cependant, force est de constater que les principaux concernés, dans l’insouciance et l’imprudence qui les caractérisent habituellement, continuent allègrement de déambuler à travers les artères de la capitale politique du Cameroun ; d’ailleurs aucun axe ne leur semble plus tabou, même le très respectable quartier administratif avec ses imposants immeubles ministériels n’échappe pas au vrombissement de leurs engins.
Interrogés sur la nouvelle décision du Délégué du Gouvernement, tous sont unanimes pour déclarer qu’elle leur était jusqu’alors inconnue.
A leurs yeux il apparait suprêmement injuste de devoir supporter de lourdes charges en terme de taxes, formalités administratives et autres équipements logistiques, tout en subissant une restriction de leur liberté de mouvement, laquelle selon eux réduirait leurs recettes ;une bonne frange de cette population de « débrouillards » estime que pour que la nouvelle vision du Délégué du Gouvernement prospère et emporte leur adhésion, il conviendrait de l’assortir de mesures d’accompagnement allant dans le sens d’une réduction significative des charges pesant sur eux, sinon cela reviendrait pour monsieur TSIMI EVOUNA de vouloir à la fois « le beurre et l’argent du beurre ».
Les plus conciliants affirment pince-sans-rire qu’en cas « d’entêtement » de monsieur le Délégué du Gouvernement à vouloir faire appliquer sa décision contre vents et marées, ils lui « abandonneront les rues en journée », pour travailler en nocturne, les autres apparemment plus nombreux, envisagent le clash et sont résolus à faire entendre leur voix.
Quand on sait que monsieur TSIMI EVOUNA adore les « opérations coup de poing » et que les conducteurs de motos-taxis sont enclin à « faire le coup de poing » avec les autorités, il ne reste plus qu’à croiser les doigts en espérant que le remède ne génère un mal encore plus grave, le souvenir des émeutes de Deido à Douala est encore bien frais dans les mémoires.