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Emeutes de la faim : Le Rdpc réagit aux attaques de Célestin Bedzigui

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reponseLe secrétaire général du comité central du Rdpc dénonce la démarche prise par certains compatriotes qui ont décidé de traîner Paul Biya devant les Nations unies. René Sadi ne loupe décidemment pas une seule occasion pour répondre à tous ceux qui s’attaquent au président national du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), par ailleurs président de la République. Après l’avoir fait il y a peu au lendemain de la plainte déposée auprès du parquet de Paris contre Paul Biya pour « recel de détournement des deniers publics » par le Conseil des Camerounais de la diaspora (Ccd), il est une fois de plus monté au créneau dans la soirée du 25 février dernier.

Le secrétaire général du Rdpc fustige la démarche d’un groupe de Camerounais, dont Célestin Bedzigui, regroupés au sein du mouvement Global Democratic Project. Ces derniers, dans un document déposé il y a quelques jours auprès du secrétariat général de l’Organisation des Nations unies (Onu), à New York, sollicitent la constitution « d’une commission d’enquête internationale devant établir les responsabilités dans les tueries qui ont émaillé les émeutes de février 2008 au Cameroun. » Les rédacteurs de ce document fondent leur pétition sur une base juridique dont l’une des dimensions renvoie au concept de « crime contre l’humanité » qui, « parce qu’imprescriptible, fait que les poursuites engagées en résultante des massacres de Février 2008 ne sont pas frappés de caducité ou forclusion. »

Accusations

Parlant de chiffres, le mouvement Global Democratic Project estime que le bilan des émeutes de la faim de février 2008 tel que dressé par l’Observatoire national des droits de l’Homme du Cameroun (Ondh) appuyé par des associations telles l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat-Littoral et France) a fait près de 136 tués et environ 3.000 arrestations. Pourtant, le gouvernement n’avait reconnu que près de 40 morts et de 1671 interpellations. « Il n’a par ailleurs pas cru devoir instituer une Commission d’enquête ni engager la moindre investigation pour établir les abus et réprimander ou punir leurs auteurs de ces tueries. »

Ils vont même plus loin en soulignant que rentrant dans ce qu’ils présentent comme des détails.

Selon eux, le rapport en question indique qu’il y a eu environ 3 000 personnes arrêtées au sein de la société civile, dont 2 000 dans la région du Littoral, près de 4 00 à l’ouest, soit 213 à Bafoussam, 85 à Bafang , 65 à Dschang, 4 à Bandjoun et 17 à Baham. Ces différentes arrestations ont débuté timidement dès le 25 février 2008, puis ont pris de l’ampleur les 26, 27, 28 et 29 février.

Le rapport de l’Ondh souligne alors que les forces de l’ordre ont à ce titre, manqué à leur devoir de porter assistance médicale aux victimes, ainsi que d’informer les familles affligées. « Au cours des émeutes de février 2008, cette situation avait amené alors les associations de défense des droits de l’homme, à monter au créneau pour dénoncer les violations des droits de l’homme, prenant le contre-pied du gouvernement notamment au niveau du bilan des émeutes. Si l’Etat parle de 40 morts, celles-ci avaient estimé le bilan plus lourd, soit à une centaine de personnes tuées. Ces sorties dans les médias internationaux principalement, n’avaient pas du tout été appréciées par le gouvernement. » Arguent-ils.

Dénonciation

Ce que René Sadi récuse allègrement. Pour le secrétaire général du Rdpc, « il n’y a pas eu de massacres des populations en 2008 comme le prétend l’intéressé. » René Sadi rappelle que lesdits évènements ont en leur temps, fait l’objet dans le cadre de l’Etat de droit d’un traitement des plus transparents de la part des autorités camerounaises au plan politique, social, administratif et judiciaire. Dans le communiqué rendu public le 25 février dernier, il s’étonne par ailleurs de l’éveil tardif et de l’intérêt aussi subite et malsain pour cet évènement par ce compatriote qui de son exil lointain et volontaire n’est en évidence pas au faîte des réalités de ce pays.

Pour lui, le parallélisme créé par Bedzigui avec la Guinée Conakry ne saurait se justifier. Car, pour le cas spécifique du Cameroun, il s’est agi, sous le prétexte de la crise mondiale, des manifestations orchestrées par des forces tapies dans l’ombre et qui à compromettre l’ordre public. « Au vu de ce qui précède, il apparaît que la démarche de ce compatriote exilé volontaire, procède d’une tentative maladroite et opportuniste de dénigrement de son propre pays et de manipulation de l’opinion. » Il en profite une fois de plus pour appeler « les militants et les sympathisants du Rdpc, ainsi que les Camerounais de bonne foi à redoubler de vigilance accrue face à ce qui apparaît désormais comme une entreprise qualifiée, concertée et désespérée visant à détourner l’attention des Camerounais des enjeux essentiels de l’heure, que sont la préservation de la paix, de la stabilité et l’unité nationale, le renforcement de la démocratie et de l’Etat de droit, la consolidation de la croissance économique, la lutte contre la corruption et les détournements de deniers publics, l’amélioration du niveau de vie des Camerounais, toutes choses inscrites dans le projet des Grandes ambitions. » De quel côté se trouve finalement la vérité ? Que feront les Nations Unies à la suite de cet autre plainte contre le régime en place ?

Thierry Nyope

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