Listes électorales : Inscriptions au ralenti à Yaoundé


Des leaders d’opposition refusent d’apporter leur caution à la «mascarade». Rendus au neuvième jour après la relance des inscriptions sur les listes électorale le 5 janvier dernier, l’affluence dans les points Elecam n’est toujours pas visible.
En parcourant quelques antennes communales d’Elections Cameroon (Elecam) hier, il n’était pas évident d’apercevoir dans le couloir, une seule personne venue se faire enrôler.
A l’antenne Elecam de Yaoundé VI, seulement «36 personnes ont été enregistrées dans la fiche de pointage hebdomadaire pour la semaine du 5 au 10 janvier», confie Yves Bertrand Zanga, le chef d’antenne. Du côté de la représentation communale de Yaoundé III à Efoulan, il règne comme une sorte d’omerta sur la question des inscriptions. Tout juste vous dit-on au secrétariat que le chef d’antenne n’est pas là, et que par conséquent, il faudrait repasser car, «il est le seul habilité à s’exprimer sur la question des inscriptions sur les listes électorales», lâche une dame dans cet office. Mais, une source indique «qu’il faut avouer que nous avons du mal à recevoir des gens qui viennent s’inscrire nouvellement sur nos listes dans notre antenne».
Au moment où plusieurs leaders de l’opposition et les chancelleries occidentales réclament la refonte du fichier électoral avant les prochaines consultations électorales, cet état des choses coulent plutôt de source. «Les Camerounais boudent les inscriptions tout simplement parce qu’ils ont compris qu’il y a volonté affichée pour Elecam de ne pas changer les choses. Cette structure ne semble pas toujours s’être détachée du pouvoir en place actuellement au Cameroun», croit savoir Marcus Lontouo, président national du Congrès national camerounais (Cnc), et candidat à la dernière élection présidentielle. Avant de poursuivre que «je ne sais pas pourquoi ni Elecam, ni le chef de l’Etat, qui sont conscients qu’il y a eu de graves irrégularités lors de la dernière élection ne peuvent pas décider de la refonte pure et simple du fichier à problème. Je comprends alors qu’il y a un manque de volonté, tant du côté de M. Biya que de celui d’Elecam, de mettre sur pied un fichier électoral crédible», regrette-t-il.
Plusieurs leaders de l’opposition opposent une fin de non recevoir à l’invitation d’Elecam de se faire représenter au sein des commissions de révisions. «Certains de nos coordonateurs locaux, dans les zones où nous avons des représentations, nous ont fait savoir qu’Elecam les avait approchés pour qu’ils s’impliquent dans le travail de révision des listes électorales. L’instruction que j’ai donnée à mes équipes, c’est qu’elles pourraient prendre part à ces activités, même si au niveau central, l’orientation qui est la nôtre, est plutôt favorable au principe de la refonte», déclare Olivier Bilé, président du bureau exécutif de L’Union pour la fraternité et la prospérité (Ufp).
Pour Atangana Nsoé, président du Grand Cameroun (Cc), «J’ai toujours pensé que c’est un rôle qui doit revenir à Elecam. On n’a pas besoin forcement que les partis politiques y soient représentés. Quand on regarde bien, on a bien l’impression qu’on voudrait que les partis politiques apportent leur caution à une mascarade»,
Au sein des commissions de révision des listes, on note une forte absence des représentants des partis politiques. «Actuellement nous n’avons que quatre partis politiques, parmi lesquels le Rdpc et l’Upc, qui ont répondu à l’appel, et qui participent actuellement aux activités dans notre circonscription avec le représentant de l’administration», confie Yves Bertrand Zanga.
Jean De Dieu Bidias (Stagiaire)