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Emeutes de Douala : Deïdo toujours militarisé

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POLICIERL’arrêté préfectoral interdisant la circulation des motos taxis dans ce quartier serait à l’origine du maintien des forces de l’ordre. «Nous vous suggérons utilement de bien vouloir procéder à l’interdiction de la circulation des motos taximen à l’intérieur du périmètre du Canton Deïdo et ceci au moins jusqu’à la date des obsèques du défunt».
C’est la substance de la lettre adressée au préfet du département du Wouri, le 3 janvier 2012, et conjointement signée par six chefs supérieurs Sawa du Wouri: Mbappe Bwanga, chef du canton Bele Bele, Sm Mbody Epee, chef du canton Bassa Wouri, Essaka Ekwalla Essaka, chef du canton Deïdo, Sm Madiba Songue, chef du canton Bakoko-Wouri, Douala Manga Bell, chef de canton Bell et de Din Dika Akwa III chef supérieur du canton Akwa. En effet, cette lettre survient au moment où des émeutes secouent le canton Deïdo. Deux jours après, le 4 janvier 2012, une réunion de crise à la quelle ont pris part le préfet du Wouri, les autorités traditionnelles et les représentants des motos taximen.


Réflexion
Au terme de cette réunion, une décision préfectorale précise que: «la circulation des motos taxis à Deïdo est interdite à titre provisoire, en attendant la résolution de cet épineux problème à travers une réflexion de fond que nous vous ferons parvenir dans les prochains jours». Pour l’instant, cette décision est respectée par les motos taximen. La vie a ainsi repris son cours ce week-end à Deïdo. Les commerces sont de nouveau ouverts, tout comme les snacks bars. Hier, dimanche 08 janvier 2012, les fidèles des différentes obédiences religieuses vont et reviennent de leurs lieux de prières. Cependant, l’impressionnant dispositif de sécurité n’a pas été relâché. On observe encore des forces de maintien de l’ordre postées dans les différents points sensibles du quartier Deïdo. Les éléments du Groupement mobile d’intervention (Gmi n°5) sont en faction au (carrefour école publique).


C’est le même déploiement au pont Bonabassem, carrefour Texaco, école publique, Bonateki ou Deïdo plage. Les éléments de la police, notamment l’Equipe spéciale d’intervention rapide (Esir) et du commissariat du 9e arrondissement à Deïdo, ratissent les artères dudit quartier.
Cette forte présence est due selon les forces policières à «l’indélicatesse» des motos taxi plusieurs fois répétée. En rappel, les émeutes de Deïdo sont consécutives à la mort d’Eugène Moni, le 31 décembre 2011. Ce dernier avait été mortellement poignardé par des présumés motos taximen, alors qu’il rentrait d’une soirée avec sa petite amie. Les troubles qui ont suivi ce drame ont causé en cinq jours d’émeutes, des pertes en vies humaines et de dégâts matériels considérables. On a ainsi enregistré trois morts, cinq blessés graves, une voiture, ainsi que des commerces, des domiciles et des motos incendiés.

Frédéric Nonos (stagiaire)
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