Milieu carcéral : Evasions à répétition dans les pénitenciers


Des détenus incarcérés à dans les pénitenciers Kondengui et à Douala, principalement, ne manquent pas la moindre occasion pour se faire la belle. Les évasions et tentatives d’évasion se multiplient dans les prisons camerounaises. Les détenus ne manquent pas la moindre occasion qui s’offre à eux pour se faire la belle. Une manière pour ces prisonniers d’exprimer leur ras le bol confrontés qu’ils sont au mal être en milieu carcéral.
Ce phénomène d’évasions à répétition s’observe dans la quasi-totalité des prisons camerounaises, principalement à Kondengui et à New Bell, les deux plus grands pénitenciers en terme de capacité d’accueil et les plus vieux. Ces deux établissements souffrent aujourd’hui de plusieurs maux qui peuvent expliquer la récurrence des évasions. Il s’agit notamment de la surpopulation carcérale et de la lenteur des procédures.
Construite dans les années 1950 pour accueillir 700 détenus, la prison de Kondengui accueille aujourd’hui plus de 4 000 pensionnaires. Les évasions et autres tentatives se succèdent ici à un rythme infernal. Le 02 janvier 2012, ce pénitencier était le théâtre d’une énième évasion sanglante. Trois détenus armés qui tentaient de se faire la belle ce jour là avaient été rattrapés par les forces de l’ordre et abattus. Citons pèle mêle quelques cas d’évasions et tentatives d’évasions dans ce pénitencier : le 4 octobre 2011, le nommé Bikele sera mortellement blessé par ses geôliers dans l'enceinte du tribunal militaire de Yaoundé alors qu’il tentait de s’esquiver ; le 08 janvier 2010, trois détenus armés de pistolets automatiques profiteront de la sortie des visiteurs pour s’infiltrer dans la foule. Repérés à la sortie, ils ouvriront le feu sur les gardiens de prison. Deux sont rattrapés et le troisième réussira à s’enfuir ; Dans la nuit du 20 au 21 Juillet 2010, un braqueur récidiviste, cerveau du groupe et principal artificier, NDJOMO Rodrigues, réussit à s’évader en trompant la vigilance de ses geôliers.
Autre théâtre d’évasions, la prison de New Bell, officiellement conçue pour accueillir 700 personnes, elle comptait plus de 2 500 détenus au mois d’août 2011. Le 29 juin 2008, une tentative d'évasion à la prison de New Bell s'était soldée par la mort de 18 prisonniers. Autre évasion, celle de la nuit du mardi à mercredi 03 février 2010. Trois prisonniers tenteront de s’évader de la prison centrale en escaladant les grilles barbelées de la prison, ils seront repris. Dans la nuit du Lundi 04 au mardi 05 janvier 2010, un détenu se sauvait de la prison de New Bell en compagnie de deux complices qui seront arrêtés. Autre pénitencier et autre évasion massive et spectaculaire : dans la nuit du 28 au 29 juin 2007 à la prison de Yoko, 28 condamnés à mort tentent de se faire la belle ; 14 sont immédiatement rattrapés et abattus, plusieurs fuyards seront repris et abattus.
Ce recours à l’élimination systématique des fuyards est condamné par Amnesty International. L’organisme de défense des droits de l’homme estime que les forces de l’ordre tirent dans l’intention de tuer, une pratique qui, selon Amnesty International, bafoue le droit des prisonniers à la vie.
Evariste Menounga