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Le bidasse était complètement ivre. La gendarmerie enquête. Le soldat dont l’identité est toujours tenue sécrète pour besoin d’enquête aurait agi sous l’emprise de l’alcool. Des coups feu ont (de nouveau) retenti à Ngaoundéré.
Selon des témoignages épars recoupés auprès des habitants du quartier norvégien, un militaire en furie, sorti d’un bar situé non loin du carrefour du « 1er dos d’âne », a ouvert le feu sur des badauds avec qui il aurait eu des démêlés la veille.
Les faits remontent à la nuit du 1er au 2 janvier 2011. « Le militaire était complètement saoul. Il a tiré deux fois simultanément avec son arme à feu, mais les trois individus qu’il menaçait de n’ont pas été touchés », rapporte un témoin de la scène. Il renchérit, « ensuite le militaire s’est jeté sur eux, il les a roués de coups de poings en menaçant de les tuer ». L’un des badauds ainsi passé à tabac aurait tout de même réussi à s’échapper des griffes de l’oppresseur. Ses compagnons de torture ont été tenus en respect avant d’être conduits nuitamment au commissariat central de Ngaoundéré.
Bluff
Là-bas, le militaire a déclaré aux éléments de garde qu’il a usé de son arme pour maîtriser deux « agresseurs ». Sauf que cette version des faits s’inscrit en décalage avec le rapport de l’enquête. D’ailleurs, le commissaire central Joseph Temdé à qui l’affaire a précédemment été confiée n’en croit pas un mot. « Le militaire est venu raconter sa version des faits qui contraste avec ce qu’on nous dit au quartier. Il dit qu’il était de passage et il a trouvé des individus qui agresseraient. Il en a maîtrisé deux (…) et il a apporté un troisième. Ça c’est la version du militaire qui a dû faire usage de deux coups de feu. Quand j’ai fait un tour sur le terrain, c’est autre chose que j’ai apprise », a confié le commissaire de police principal.
L’affaire qui ne relève plus du ressort du commissariat central a été confiée à la légion de gendarmerie de l’Adamaoua. Des enquêtes approfondies sont en cours pour faire la lumière sur les circonstances de l’incident qui aurait pu coûter la vie à des civils. Pour l’heure, c’est l’omerta sur le sort réservé au tireur et les présumés agresseurs. Car, les autorités administratives locales et le secteur militaire terrestre de Ngaoundéré ne souhaitent pas ébruiter le développement de l’enquête. La presse étant permanemment à l’affût.
Globalement, la bavure du militaire de Ngaoundéré aura été la seule fausse note majeure de la Saint Sylvestre. La police locale a veillé au grain avant, pendant et après le réveillon. Un important dispositif sécuritaire déployé sur l’ensemble de la ville a permis de dissuader les esprits retors. C’est ainsi que l’on a enregistré trois cas de rixes, sept (7) cas d’accidents et sept individus éméchés parce qu’ils étaient en état d’ébriété.
