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Echauffourées de Douala :Deido, acte 3

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Emeutes_Cam240210300Malgré les réunions de crise et les appels au calme mardi dernier, les violences ont repris hier. Un snack-bar et plusieurs motos ont été incendiés.Deïdo et les quartiers environnants du centre de Douala présentaient, le mercredi 4 janvier 2012, le visage d’une scène   d’émeute avec trois protagonistes.
Des jeunes, armés de gourdins, de machettes et d’autres objets d’un côté ; policiers, gendarmes, l’équipe spéciale d’intervention rapide (Esir) et le groupement mobile d’intervention au milieu ; les conducteurs de mototaxis à l’autre bout.
Les jeunes de Deido pourchassent, brulent les motos et brutalisent leur conducteur. Les forces de l’ordre qui jouent les sapeurs-pompiers, en cherchant à sécuriser les lieux et à mettre fin aux désordres, empêchent les conducteurs de motos, très remontés, de se venger des atrocités dont ils sont victimes.

 

 

Pour y parvenir à jouer ce rôle, les forces de maintien de l’ordre, déployées en nombre, font des patrouilles dans le quartier épicentre des affrontements entamées le 31 décembre 2011, avec l’assassinat d’Eric Monney, un natif du coin poignardé mortellement. A l’aide de bombes lacrymogènes qui leur permettent de disperser les protagonistes et de camions anti émeutes à jet d’eau avec lesquels ils arrosent la foule, les forces de l’ordre qui, selon certaines indiscrétions, ont reçu l’ordre de ne pas tirer, broient du noir dans ce spectacle dantesque.

 

Au four et au moulin, celles-ci n’ont pas de répit tant les foyers de tension sont nombreux et les fronts de combat multiples. Et, il faut courir à gauche et à droite pour que la ville toute entière ne s’embrase, car le risque de contagion est prévisible.

 

A côté de cette image à laquelle s’habituent déjà des habitants de Douala, parce qu’ils courent dans tous les sens quand les gendarmes et policiers passent à l’action, il faut ajouter l’atmosphère de « ville morte ». Les boutiques et les ventes à emporter sont fermées, de même que d’autres maisons de commerce. Les habitations aussi ne sont pas en reste. Pour empêcher que les jets d’eau et les bombes lacrymogènes n’entrent dans les maisons, les propriétaires choisissent de se barricader, craignant aussi que les assaillants ne s’introduisent chez eux.

 

En plus de Deido, les commerces situés le long du boulevard de la République, à Akwa, connaissent la même ambiance. La circulation est également perturbée à cause de la confrontation. Des conducteurs de mototaxi postés à cet endroit déchargent toutes les motos qui passent, de même que certains taxis. Des policiers viennent y rétablir de l’ordre.

« Guérilla urbaine

Pour empêcher les conducteurs de mototaxi qui, en représailles, tiennent à tout prix à incendier Deido, parce qu’« accusés à tort dans l’assassinat » d’Eric Monney, d’après leurs commentaires, des élèves gendarmes arborant des masques et des boucliers érigent une barrière de sécurité infranchissable à l’entrée de Trois boutiques, une rue du quartier. Selon l’un d’eux, sûr de lui, « cette stratégie permet de contenir les deux factions en conflit et de stopper les violences.»

En plus, des camions anti émeutes à jet d’eau sont immobilisés devant le commissariat du 9ème arrondissement, prêts à intervenir. Selon des informations, ce dispositif sécuritaire permet de dissuader les assaillants en provenance du rond-point «Ecole publique» ou de Bépanda.

 

Entre temps, à l’intérieur, particulièrement devant la chefferie du canton Deido, une cohorte d’hommes en tenu est postée et sécurise le périmètre. D’autres patrouillent dans le coin pour faire tomber le thermomètre. Ce qui permet à la police de sauver deux conducteurs de moto et leur engin. Ces derniers, appréhendés par les jeunes de Deido qui pratiquent une «guérilla urbaine», ont été extirpés de justesse des griffes de leurs bourreaux prêts à les lyncher. Dans la foulée, deux jeunes appartenant à chacun des camps aux prises, ont été arrêtés.

 

L’un d’eux avait cassé la vitrine de la boutique d’une essencerie située au rond-point Deido. Arrêté par les riverains témoins de la scène, il est copieusement tabassé, avant d’être sauvé par les forces de l’ordre de passage.

 

Pour cette journée riche en escarmouches, au cours de laquelle le snack-bar 2 valeur a été incendié et d’autres motos incendiées, le port d’un cache-nez était de sortie. Tant le liquide projeté et les bombes lacrymogènes utilisées polluaient rendaient l’air irrespirable.

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