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Le Nouvel Observateur, dans son édition de la semaine passée, remâche l’histoire de ce Français d’origine camerounaise considéré comme « un prisonnier oublié dans les geôles. Le sujet a fait la Une de la revue de la presse française le 25 décembre dernier. Revue au cours de laquelle Norbert Navaro étalait les « Bilans de l’année 2011 ».
Au sujet de Michel Thierry Atangana, le confrère de Rfi – Radio France Internationale, rappelle que ce dernier vit depuis plus de 14 ans « dans une sorte de studio pénitentiaire du Secrétariat d’Etat à la Défense chargé de la gendarmerie nationale à Yaoundé ».
Pour ce, Le Nouvel Observateur lance que « le Cameroun a son masque de fer, en dépit d’une ordonnance de non-lieu prononcée en sa faveur par un juge camerounais intègre en 2008 ». A en croire le journaliste de Rfi, Le Nouvel Observateur fait remarquer: « l’ex-représentant de plusieurs groupes français au Cameroun, Michel Thierry Atangana possède la double nationalité française et camerounaise. Or le Cameroun ne reconnaît pas la binationalité tout en étant bien obligé d’en tenir compte, mais sans en avoir l’air ». Son crime ? « Avoir été trop proche de Titus Edzoa, ancien homme fort du régime, le Raspoutine du président, l’homme qui a osé défier Paul Biya », formule l’hebdomadaire français. Tombé en disgrâce, Michel Thierry Atangana s’est retrouvé sous les verrous. En juin dernier, le Parlement français avait relancé Alain Juppé concernant le cas de ce citoyen français d’origine camerounaise.
Histoire
A titre de rappel, Michel Thierry Atangana est nommé en 1994 par le président de la République Paul Biya à la tête du Copisupr – le Comite de pilotage et de suivi des travaux de construction des axes routiers Yaoundé-Kribi et Ayos-Bertoua, dans un contexte de crise économique aiguë. D’autres actions d’éclat sont menées par ce jeune. Ce qui aura davantage envenimé ses relations avec les proches collaborateurs du président de la République qui voyaient en lui celui qui, comme cela se dit vulgairement au Cameroun, « mettre le sable dans leur tapioca ».
En 1997, en partenariat avec France Telecoms, Michel Thierry Atangana restructure la défunte Intelcam qui est en rupture contractuelle ave l’entreprise des télécommunications françaises, pour un problème d’arriéré impayés. Le 20 avril 1997, Titus Edzoa, ancien ministre de la Santé publique et secrétaire général à la présidence de la République, démissionne du gouvernement et pose sa candidature à l’élection présidentielle de la même année. Tout de suite, une proximité supposée vaut l’arrestation et la condamnation de Michel Thierry Atangana. Il est arrêté à Yaoundé le 11 mai 1997 pour « grand banditisme ». Le 3 octobre 1997, Michel Thierry Atangana et Titus Edzoa sont condamnés à 15 années de prison à l’issue d’un procès lapidaire à 4h du matin. Procès au cours duquel il ne leur est pas permis de présenter les moyens de leur défense.
Le 23 octobre 2008, une ordonnance de non-lieu total sur toutes les charges qui pesaient sur Michel Thierry Atangana, est rendue par le juge d’instruction Pascal Magnaguemabe. Le 3 février 2009, le parquet fait appel de cette ordonnance devant la Chambre de contrôle de l’instruction de la Cour d’appel du Centre à Yaoundé, et rend son arrêt dans un délai de 96 jours courant à compter de sa saisine, au lieu de 30 jours imparti par la loi. Actuellement un nouveau procès pour les mêmes faits, est ainsi pendant devant le tribunal de grande instance du Mfoundi. Entre-temps, les principaux accusateurs dont les auditions ont conduit à l’arrestation et à la condamnation de Michel Thierry Atangana, se sont dédits devant le tribunal pendant d’autres sont en cavale en Europe. A l’exemple de Dieudonné Telesphore Ambassa Zang. Dernièrement, l’ancien Bâtonnier Charles Tchougang mettait à nu les élucubrations de Tikela Kemone Dodou. Elucubrations dont nous avons fait état dans notre dernière parution.
C’est depuis 2010 que la France s’investit dans cette affaire. Ce qui permet le rétablissement de l’assistance et des visites consulaires à Michel Thierry Atangana. « Il bénéficie aujourd’hui d’une assistance consulaire de la part de la France. Laquelle a mis longtemps à s’émouvoir de son cas », relève Norbert Navaro, tout en avançant que « le prisonnier de Yaoundé attend un geste de clémence. Avec le soutien de Paris ». C'est le lieu de saluer ici le travail en sous-marin abattu par l'actuel ambassadeur de France au Cameroun dans ce dossier. A toutes les audiences, la France est représentée au haut niveau. Et bon à savoir, une audience est prévue ce 28 décembre pour la suite de l’examination in chief du témoin Titus Edzoa dans les faits de tentative de détournement de deniers publics pour 59 milliards 400 millions de Fcfa sont mis à sa charge avec Michel Thierry Atangana Abéga dans le cadre de l’organisation du 32e Sommet de l’Oua tenue à Yaoundé en 1996. Lors de la dernière audience, Michel Thierry avait été dédouané par Titus Edzoa concernant la gestion de ces fonds qui étaient logés dans le compte Scb-Crédit lyonnais N°31-904 308 3 716 R.
Jean-Pierre Bitongo
