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Une plainte vient d’être déposée à l’encontre de la Banque Mondiale, par le Groupe de recherches alternatives et de monitoring du projet pétrole/Tchad-Cameroun (Gramp/TC), soutenu par le CCFD-Terre Solidaire. Cette plainte est déposée au nom de 25 220 paysans appartenant à 25 villages de la zone pétrolière de Doba au Tchad, et concerne les atteintes aux droits humains et à l’environnement découlant du Projet de l’oléoduc Tchad-Cameroun cofinancé par la Société financière internationale (SFI) du Groupe Banque mondiale, peut on lire dans un communiqué de presse.
Financé à hauteur de 100 millions de dollars américains par la SFI et réalisé par le Consortium américano-malaisien (Esso, Chevron et Pétronas), ce projet pétrolier n’a pas bénéficié aux populations malgré les engagements pris lors de la signature du contrat entre les entreprises exploitantes et le gouvernement tchadien : ni nouvelles infrastructures éducatives, sanitaires, ni accès des populations à l’eau potable.
Projet oléoduc Tchad Cameroun : La Banque mondiale attaquée en justice par les populations![]() |
Cependant, la construction d'un tel chantier sur le territoire de pays à la politique instable n'est pas aussi simple et les résultats observés semblent loin des promesses idylliques. Le bilan évolutif, dressé par les ONG nationales et étrangères et les nombreux observateurs, interpelle par l'accumulation de points négatifs.
En effet, selon le Gramp/TC, la très large emprise foncière des installations pétrolières ainsi que les impacts de la pollution sur l’agriculture et le bétail, privent une partie de la population des seuls moyens de subsistance dont ils disposent.
Par ailleurs, la présence de forces de sécurité qui assurent la protection des sites comportent des restrictions à la libre circulation dans la zone, entre villages et familles, et une sorte de couvre-feu « implicite » est en vigueur entre 18 heures et 6 heures du matin, etc. Selon les auteurs de la plainte les populations locales subiraient plusieurs autres types d’exactions : arrestations et amendes arbitraires, spoliations des biens, tortures et autres traitements humiliants et dégradants, etc. De plus de nombreux cas d’atteintes à l’environnement ont été recensés, peut on lire dans un communiqué de presse.
