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L’appel citoyen est d’une coalition d’Ong qui demande aux consommateurs de la Mvila de « consommer camerounais » le temps du comice. Cette campagne a été lancée le 16 février 2010 à Yaoundé et s’étendra jusqu’ à la veille du rendez-vous agricole. En annonçant pour cette année la tenue d’un comice agropastoral avec pour objectif, « stimuler l’essor du monde rural », Paul Biya semble avoir compris que l’agriculture mieux que jamais soit le socle de notre relance économique. Et c’est à dessein que dans la mouvance du chef de l’Etat, une coalition de quarante trois organisations de la société civile s’engage à accompagner l’organisation du comice.
Pour la coalition, le comice d’Ebolowa « est un cadeau aux producteurs ». A ce titre, « c’est le lieu par excellence pour montrer leurs prouesses et leurs bravoures aux yeux de l’opinion, valoriser et promouvoir le métier d’agriculteur », extrait du livre blanc sur la campagne intitulée « zéro produit alimentaire importé au comice d’Ebolowa ». La campagne a été officiellement lancée mardi 16 Février 2010 autour d’un déjeuner de presse à Yaoundé. L’occasion a ainsi été offerte aux membres de la coalition, de présenter à la presse tous les contours de ladite campagne. La coalition veut ainsi saisir l’occasion du comice pour s’insurger contre l’importation massive des produits importés dans le département de la Mvila avant, pendant et après le comice. Il s’agira, aux dires de la coalition, de « profiter de la vitrine qu’offre le comice pour sensibiliser l’opinion sur la nécessité de consommer les produits du terroir » dit-on.
L’espoir du monde rural
La coalition entend insuffler une nouvelle dynamique à l’agriculture nationale. C’est pourquoi elle lance la réflexion sur la politique agricole camerounaise, longtemps resté accrochée à l’Occident. La démarche consiste à « tout faire pour estimer les besoins d’alimentation des populations du département de la Mvila. Et de proposer des solutions de remplacement des produits importés par des produits locaux. » Propose-t-on. Comme solution de remplacement, en estimant les besoins durant le mois du comice à 6000 tonnes de denrées à produire. Et pour lesquelles 5.000 emplois directs peuvent être crées.
Dans une étude, il a été démontré, selon la coalition, qu’en capitalisant les budgets liés à l’importation sur les produits cultivés localement pour pallier au déficit, le coût de production reviendra nettement moins cher. Ainsi, le coût de production de 1200 tonnes de riz dans les zones de production de Yagoua, Ndop , Kousseri est estimé à 126 millions de francs pour un mois et peut glaner jusqu'à 1800 emplois. Cette quantité de riz peut satisfaire la demande locale voire nationale si l’on s’en tient aux capacités de production de la Semry qui avoisine les 80.000 tonnes par an.
A la coalition, l’on a la pleine conviction que cela puisse être réalisable. Cependant, certains journalistes, dans un sursaut de patriotisme, sont inquiets du délai d’un mois consacré à la lutte contre les produits importés dans la ville du comice et marqué de ce fait leur scepticisme quant à son efficacité. Explication. « Notre premier objectif c’est de sensibiliser les consommateurs à consommer les produits made in Cameroun. Le changement se fera progressivement car nous n’entendons pas tout d’un coup transformer les habitudes alimentaires des consommateurs. En revanche, s’agissant de la présence des produits importés dans le village du festival, nous allons tout faire pour empêcher leur entrée dans le site car nous estimons qu’un comice est fait pour promouvoir les produits locaux ». Avise Bernard Njonga, porte parole de la coalition.
Floriane Payo
