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Gouvernement : le profil des ministres

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gvr-MinistresD’où  viennent-ils ? Les administrateurs civils et les ingénieurs sont les plus présents.
Les produits de l’Enam
Comme les gouvernements précédents, le gouvernement du 9 décembre 2011 comprend un nombre important de produits de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam) de Yaoundé. Parmi les entrants, neuf sont issus de cette école.
Il s’agit de Koumpa Issa, Benoît Ndong Soumhet, Jérôme Dooh, Koulsoumi Alhadji épouse Boukar, Jules Doret Ndongo, Ngole Philip Ngwesse, Emmanuel Nganou Djoumessi, Patrice Amba Salla, Ange Miche Angouing (magistrat) et Abba Sadou.
La plupart d’entre eux sont administrateurs civils, mais l’on retrouve aussi un douanier, en l’occurrence Patrice Amba Salla, et une inspectrice des impôts, Koulsoumi Alhadji épouse Boukar. Ils viennent retrouver dans le gouvernement d’autres  produits de la même école, dont le gros lot est constitué d’administrateurs civils : Alain Edgard Mebe Ngo’o, Adoum Gargoum, Titti Pierre, Bello Bouba Maïgari, Amadou Ali, Henri Eyebe Ayissi et Louis-Paul Motaze. A ceux-ci, il faut ajouter les magistrats Laurent Esso, Philemon Yang et   l’inspecteur du trésor Hele Pierre.
Les diplomates
Le nouveau secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, est un diplomate, issu de l’Institut des relations internationales du Cameroun (Iric), où il a obtenu un doctorat de troisième cycle en relations internationales. Dans ce gouvernement, il rejoint d’autres diplomates : René Emmanuel Sadi, l’ancien secrétaire général du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), qui a été nommé ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation. Martin Belinga Eboutou, maintenu au poste de directeur du cabinet civil de la présidence de la République est également diplomate de formation.
Les enseignants
C’est également une profession souvent présente ans le gouvernement. Les enseignants, aussi bien du secondaire que du supérieur occupent encore une place de choix dans le gouvernement du 9 décembre. Laurent Serge Etoundi Ngoa, Séraphin Magloire Fouda, Jacques Fame Ndongo, Peter Agbor Tabi, Mefiro Oumarou et Jean Pierre Biyiti bi Essam, professeurs d’universités, restent en poste. A ceux-ci, on peut ajouter Abena Ondoa née Obama Marie Thérèse, la ministre de la Promotion de la femme et de la famille, qui est professeur de médecine.  Parmi les nouveaux, on compte Jean Pierre Fogui.
Le contingent de professeurs de lycées a perdu quelques membres, mais il en reste : Emmanuel Bonde, qui part de la Fonction publique pour le ministère des Mines, et Robert Nkili, l’ancien ministre du Travail, qui devient ministre des Transports. Quant à Adoum Garoua, le nouveau ministre des Sports et de l’Education physique, il est professeur d’éducation physique.
Les ingénieurs
Le nouveau gouvernement a sa proportion d’ingénieurs venus d’horizons divers. Parmi les entrants, on remarque surtout la présence d’Alamine Ousmane Mey, le ministre des Finances, qui est ingénieur électronicien. Le nouveau ministre de l’Habitat et du Développement urbain, Jean Claude Mbwentchou, est ingénieur de génie civil, diplômé de l’Ecole nationale supérieure polytechnique de Yaoundé.
Les autres ingénieurs déjà en poste dans le gouvernement sont Mounouna Foutsou (ingénieur du génie civil), Hans Nyetam Nyetam (ingénieur de conception), Ananga Messina née Beyene Clementine Antoinette (Ingénieure agronome), Yaouba Abdoulaye (Ingénieur agronome)  Mengot Victor Arrey Nkongho (ingénieur du génie civil), Grégoire Owona (ingénieur informaticien), Essimi Menye (ingénieur statisticien et économiste), Zacharie Perevet (Ingénieur agronome), Issa Tchiroma (ingénieur mécanicien) et Louis Bapès Bapès (Ingénieur du génie civil) et André Mama Fouda (ingénieur du génie civil).
Les diplômés de l’enseignement supérieur
Un profil très sollicité pour le gouvernement est celui des diplômés du second cycle de l’enseignement supérieur. Dans cette catégorie, on avait déjà Cathérine Bakang Mbock, titulaire d’un Dea en sciences économique, Jean Baptiste Bokam, titulaire d’un Dess en économie et d’un Dess en droit social, Luc Magloire Mbarga Atangana (Dess en droit des entreprises publiques et Dess en transport international aérien et maritime).
A ceux-ci viennent s’ajouter Basile Atangana Kouna, titulaire d’un doctorat en sciences économiques, Jacqueline Koung à Bessiké, titulaire d’un Dess en banque, Dibong née Marie Rose, titulaire d’une maîtrsie en informatique, ou encore Pierre Moukoko Mbonjo.
Les autres
Dr Taiga est médecin vétérinaire comme ceux qui l’ont précédé à la tête du ministère de l’Elevage, des pêches et des Industries animales. Philippe Mbarga Mboa est banquier, Pierre Ismael Bidoung Mkpatt est conseiller de jeunesse et d’animation à la base et Mme Youssouf née Adidja Alim est inspecteur des affaires sociales. Nana Aboubakar Djalloh est gynécologue obstétricien, Joseph Dion Gute est diplômé en management, stratégie de planification et en informatique.
Rajeunissement ?
Le gouvernement attendu était annoncé comme celui du rajeunissement. Les regards donc, pendant l’attente qui l’a précédé, étaient tournés vers de jeunes gens qui pourraient arriver aux affaires. Koulsoumi Alhadji épouse Boukar, la secrétaire d’Etat auprès du ministre des Forêts et de la Faune, est, à 43 ans, la plus jeune membre du gouvernement.
Parmi les hommes, le plus jeune est Alamine Ousmane Mey, le nouveau ministre des Finances. Il est âgé de 45 ans. Ferdinand Ngoh Ngoh a 50 ans, tandis que  Patrice Amba Salla et Dr Taiga sont âgés de 51 ans.  Parmi les anciens, Laurent Esso est, à 69 ans, le doyen du gouvernement. Certes, Martin Belinga Eboutou, le directeur du cabinet civil est âgé de 71 ans.
Amadou Ali est âgé de 68 ans, tandis que Bello Bouba Maïgari et le Premier ministre Philemon Yang sont âgés de 64 ans.
Les âges de quelques membres du gouvernement
Philemon Yang, 64 ans
Amadou Ali,  68 ans
Laurent Esso, 69 ans
Bello Bouba, 64 ans
Louis Bapès Bapès, 66 ans
Abena Ondoa née Obama Marie Thérèse, 65 ans
Emmanuel Bonde, 64 ans
Louis Paul Motaze, 52 ans
Adoum Garoua, 55 ans
Issa Tchiroma Bakary, 65 ans
Jacques Fame Ndongo, 61 ans
Youssouf née Hadjidja Alim, 53 ans
Pierre Hele, 59 ans
Luc Magloire Mbarga Atangana , 57 ans
Ama Tutu Muna, 51 ans
Henri Eyebe Ayissi, 55 ans
André Mama Fouda, 60 ans
Zacharie Perevet, 59 ans
MadeleineTchuinte, 62 ans
Essimi Menye, 60 ans
Robert Nkili, 73 ans
Laurent Serge Etoundi Ngoa, 56 ans
Jean Pierre Biyiti bi Essam, 62 ans
Bakang Mbock Catherine, 56 ans
René Emmanuel Sadi, 64 ans
Alain Edgard Mebe Ngo’o , 54 ans
Ananga Messina née Beyene Clementine Antoinette, 57 ans Ingénieur agronome
Nyetam Nyetam Hans, 58 ans
Mounouna Foutsou, 44 ans
Mefiro Oumaroun, 56 ans
Hayatou Alim
Jean Baptiste Bokam, 60 ans
Réactions
«Une jeunesse sous-représentée» : Jean Michel Nintcheu, Président régional Sdf Littoral
Après avoir transformé durant 29 années sa présidence en comédie où il décide seul de la mise en scène puis promené le pays après sa prestation de serment au point de déstabiliser le gouvernement pendant plus de deux mois, M. Biya vient de publier la liste de ses anciens nouveaux collaborateurs. Ce conglomérat hétéroclite né dans la douleur aura certainement, comme les précédents, des complications postnatales en raison de ce que le seul objectif de son géniteur a toujours été de démontrer qu’il est le seul capable de se succéder à lui-même.
Ce gouvernement pléthorique avec une jeunesse fortement sous-représentée voire inexistante est une fin de non-recevoir adressée aux camerounais par M. Biya qui est décidément resté sourd aux préoccupations profondes du pays. Là où s’imposait à tout le monde l’idée qu’il y avait besoin de resserrer le nombre de ministères et surtout d’être à l’écoute du peuple, on a un message de gaspillage programmé des fonds publics sur fond de changement de chaises musicales qui relègue la gestion efficiente du pays au second plan. En plus du maintien démentiel de certains ministres corrompus et détourneurs fortement épinglés dans le récent rapport de la Commission nationale anticorruption (CONAC), on a assisté à de minables arrangements au sein de la minorité présidentielle qui mettent en valeur tel ou tel clan. (…)
«Une continuité » : Franck Essi, secrétaire général adjoint  du Cpp
Comme nous pouvions nous y attendre, le Cameroun s’inscrit dans une continuité qui, dans notre contexte, est synonyme de statu quo. Nous assistons à un jeu de chaises musicales dans lequel les mêmes visages échangent juste des postes.
Cette nouvelle équipe, par ses membres, son organisation et la formulation de ses missions s’inscrit dans une tradition managériale dont nous ne pouvons attendre ni rupture ni révolution significatives.
Or, c’est d’une rupture au minimum et d’une révolution au mieux dont a besoin le Cameroun et les Camerounais/es !
Pour le CPP, ce nouveau gouvernement est un épiphénomène dans la mesure où les véritables enjeux sont non pas dans les ajustements internes à l’intérieur du système, mais dans les changements radicaux et profonds de la gouvernance et des conditions de vie des Camerounais/es.
Du vieux vin dans de vieilles outres : Olivier Bilé, président de l’Ufp
Ce gouvernement est la négation des discours récemment tenus par Mr Paul Biya, lesquels pouvaient laisser croire, 30 ans après son arrivée au pouvoir, à son intention de se racheter enfin, en inaugurant une gouvernance fondée selon ses propres mots, sur les variables de la Fraternité, la Justice, de hautes
Ce gouvernement manifeste la surdité de M. Biya à l’égard des attentes du peuple. Après tous les périls extérieurs et intérieurs qui ont plané sur son régime avant et après la dernière élection présidentielle, le désir d’apaisement manifesté à travers le pays par la majorité de l’opinion devait objectivement se consolider  par la mise en place d’un gouvernement d’union nationale et d’Action,  consacrant la Fraternité ainsi que les multiples « Ensemble » par lui-même prononcés.
Par ses choix, Paul Biya approfondit les divisions à l’intérieur du pays :
En aggravant les fractures et rivalités entre clans au sein du RDPC ;
En demeurant idéologiquement replié et fermé ;
En étant fondé sur la ruse, la manipulation et les calculs politiciens en matière de géopolitique locale, les choix de Mr Biya visent à diviser les camerounais entre eux ;
En reconduisant les mêmes et en excluant la jeunesse, en particulier celle du RDPC, il trahit son projet de rajeunissement de l’élite dirigeante du pays.
Pour toutes ces raisons auxquelles j’ajoute son défaut de vision stratégique pertinente ainsi que son caractère pléthorique, je voudrais dire au peuple du Cameroun, qu’il n y a rien à attendre de ce gouvernement.
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