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Les diamants de Mobilong : Les réserves diamantifères déclarées revues à la baisse

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diamentLa Corée du sud saisit la Commission d’arbitrage de l’Onu pour exiger des excuses et des réparations du Cameroun. Hier dans sa première édition du journal parlé de la matinée, Radio Reine émettant à Yaoundé a annoncé que la Corée du sud venait de saisir la Commission des Nations Unies pour le règlement des litiges. Dans leurs démarches, les autorités de Séoul affirment avoir été bernées par des études flatteuses présentées par le Cameroun et qui affirmaient que des gisements diamantifères de l’Est du pays étaient les plus importantes au monde, parce que évaluées à 420 millions de carats, soit deux fois plus que les réserves mondiales de ces pierres précieuses. La Corée exige donc du Cameroun des excuses officielles et des réparations du préjudice moral et financier que le soumissionnaire coréen a du endurer.

Du côté camerounais au ministère de l’Industrie qui gère ce secteur, on ne semble pas s’embarrasser par les complaintes coréennes, car, dit un cadre du cabinet du ministre : «ce sont les Coréens qui ont quantifié les réserves de Mobilong à travers leurs recherches. L'évaluation des mineraies nationales quand elles sont effectuées, les résultats sont certifiés par des expertises internationales, parmi lesquelles des cabinets allemands» et d’ajouter : «Le gouvernement camerounais ne prend pas de risques pour ce qui est de l’évaluation de la carte minière nationale ; lorsqu’il faut évaluer cette carte au plan quantitatif et qualificatif, le ministère accorde la plus grande attention à l’expertise nationale ou internationale qui présente des garanties solides. Des sociétés ou des cabinets qui sollicitent l’exploration des gisements miniers nationaux, le font à leurs risques lorsqu’elles sont retenues.

Compte tenu du coût onéreux des investissements relatives à ces recherches, le gouvernement leur accorde toujours des exonérations diverses, jusqu’à ce que leurs forages en ressortent des échantillons qui seraient validés au plan international», explique ce cadre, comme pour réfuter les accusations sud coréennes consécutives à la surévaluation côté camerounais des réserves diamantifères de Mobilong.
Pour exploiter ces gisements, le partenariat Cameroun- Corée a créé une société dénommée la C§K Minning. Cette entreprise, en raison de la nature du marché gagné dans un autre continent, a eu tous les honneurs et toutes les convoitises nationales. Les banques lui ont ouvert leurs guichets, elle a été copieusement cotée en bourse, jusqu’à ce qu’en février dernier, la presse sud coréenne en vienne à enquêter sur les gisements diamantifères de Mobilong, et s’interroge sur la fiabilité des quantités avancées.

Cette presse a révèlé dans ses enquêtes que de nombreux fonctionnaires sud coréens avaient certifié aussi que des quantités de gisements annoncées étaient réelles. Un certain Hui Wung au département Afrique des Affaires étrangères, répondant à un journaliste de Reuter, révèle à son tour que le bureau du Pnud basé à Yaoundé avait effectué une contre expertise et constaté à son tour que les quantités de diamant déclarées par les autorités de Yaoundé dans les réserves de Mobilong, n’étaient pas contestables. D’autres sources attestent cependant qu’il n’existe aucun rapport du Pnud apportant des informations dans ce sens.

Les autorités coréennes à travers leur représentation diplomatique à Yaoundé, sont formelles : «le gouvernement camerounais a une grande part de responsabilité dans cette affaire, et il doit l’assumer pour l’image du Cameroun et pour les relations économiques futures entre nos deux pays», affirme le diplomate sud coréen. Le gouvernement camerounais a déjà remis à C&K Minning son contrat d’exploitation des mines de Mobilong. Le partenariat avec la Corée sur ce champ, a souvent été cité comme modèle par les autorités du Cameroun. L’entreprise C&K Minning avait un délai d’une année pour débuter l’exploitation. À cette allure, tous les risques sont permis de douter que Yaoundé et Séoul soient toujours en harmonie dans ce partenariat débutant et déjà cahoteux.

Xavier Messè
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