Essimi Menye : « Laissez nos arbres debout »



Interpellé le 25 novembre dernier sur l’activité de transformation du bois au Cameroun par le député Rdpc du Nyong et Mfoumou, Roger Nkodo Dang, le ministre des Finances a dénoncé l’exploitation actuellement faite de cette richesse naturelle.
Vendredi dernier a eu lieu à l’Assemblée nationale le passage des membres du gouvernement devant la représentation nationale. C’est alors que l’honorable Roger Nkodo Dang s’est plaint du fait que le patrimoine de la Sofibel se retrouvait abandonné à Belabo dans la région de l’Est-Cameroun. En réponse, Lazare Emmanuel Essimi Menye a fait savoir aux parlementaires qu’il n’y a pas que la Sofibel dans cette situation. Citant à la volée les cas de la Cellucam et de la Regifercam. Par ailleurs, le ministre des Finances a tenu à faire comprendre qu’il y a d’autres qui sont bien entretenus. Tout en les dissuadant quant à la présumée prévarication des fonds que génèrent certaines immobilisations. « Essayer de dire que les immobilisations sont là, cela va laisser croire qu’il y a beaucoup d’argent qui est distrait. Il y a certes un peu d’argent, mais c’est des sommes symboliques qui sont payés », a renseigné Essimi Menye. Indiquant que la collecte de ces loyers reste encore une activité très difficile à réaliser.
Filière bois
Concernant la Sofibel, le ministre des Finances a regretté le désintérêt manifesté par les opérateurs nationaux du secteur forestier. « J’aurais pensé qu’une association de forestiers camerounais pourraient reprendre la Sofibel. C’est des propositions qu’il faut mettre sur la table. Nous voulons la transformation du bois à un niveau plus avancé », s’est-il indigné, intriguant l’honorable Nkodo Dang qui semble bien maîtriser la situation de la Sofibel : « il aurait pu nous proposer une solution pour relancer l’activité de transformation du bois que nous coupons pour les envoyer chez les autres pour être transformé. Moi je suis surpris que l’honorable pense qu’on vient ici pour donner des leçons d’économie. Mais nous parlons des choses pratiques et simples. Tous les forestiers camerounais coupent nos arbres, les mettent dans les bateaux et les autres vont faire la richesse avec ».
Dans son langage de vérité qu’on lui connaît, Essimi Menye a été on ne peut plus cru : « laissez nos arbres debout, nos enfants pourront les utiliser dans l’avenir ». Aussi vrai que le bois camerounais qui est exporté à l’état brut, revient au Cameroun sous forme de produits vendus à des prix hors de portée du Camerounais moyen.
Après donc cette passe d’armes, le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire est venu apaiser les esprits. S’agissant du bois, Louis Paul Motaze a rappelé que son département ministériel a signé il y a deux ans avec la Banque mondiale une Convention de financement de 15 milliards de Fcfa pour appuyer le développement de deux filières jugées prioritaires, à travers ce qui est appelé « les projets de compétitivité des filières de croissance ». Définissant que ces deux filières en question sont le bois et le tourisme. « S’agissant du bois, il s’agissait de développer un tissu intégré d’industrie du bois autour des grandes zones de production et de consommation, allant de la deuxième à la troisième transformation. Dans un premier temps, deux villes ont été retenues : Bertoua et Yaoundé », a-t-il éclairé. Deux ans sont déjà passés et les Camerounais ne perçoivent toujours rien de concret. Heureusement, le temps est à l’espérance avec l’émergence du Cameroun à l’horizon 2035.
Jean-Pierre Bitongo