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Gouvernement : Les vraies raisons de la démission de Maurice Kamto

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maurice-kamto2L’ex-ministre délégué auprès du Garde des Sceaux a tout simplement devancé Paul Biya qui s’apprêtait à le liquider pour un certain nombre de tares. Alors qu’ils attendent impatiemment le premier gouvernement des « Grandes Réalisations », les Camerounais ont été surpris par une autre actualité inattendue : la démission du gouvernement du ministre délégué auprès du Vice-Premier ministre, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, le Pr Maurice Kamto. Après sept ans passés à ce poste, il y arrivé le 08 décembre 2004, le juriste a décidé de mettre un terme à ses fonctions ; devenant ainsi après Garga Haman Adji en 1992, et Titus Edzoa cinq ans plus tard, la troisième personnalité à démissionner de l’appareil gouvernemental.

Contrairement à ses deux prédécesseurs dans cette lignée, le Pr Maurice Kamto, n’a véritablement pas expliqué les raisons de ce départ inattendu. Dans un communiqué laconique, il est tout simplement écrit que l’intéressé veut se consacrer à autre chose. Une raison qui ne résiste pas longtemps à la critique au vu de certains faits. Une question taraude les esprits : pourquoi avoir choisi ce moment précis où tous les regards sont tournés vers la formation d’un nouveau gouvernement pour démissionner ? Etait-il convaincu que les carottes étaient déjà cuites et qu’il passait ses derniers jours à la mangeoire ?

Coups tordus
En réalité, l’ex ministre délégué est un petit malin qui a voulu frapper un grand coup médiatique en sortant par la grande porte. Objectif recherché : inscrire à tout prix son nom dans les annales de l’histoire politique du Cameroun où les ministres démissionnent rarement. Il a devancé Paul Biya qui s’apprêtait à l’évincer par rapport à un certain nombre de choses.
L’ambition du Pr Kamto a toujours été de briguer un poste à la Cour Internationale de Justice de la Haye pour un salaire brut de 10 millions Fcfa par mois. Malheureusement, sa dernière tentative s’et soldée par un cuisant échec, battu par un Somalien.
Ensuite, c’est le seul ministre en fonction qui a boycotté la dernière campagne de Paul Biya pour l’élection présidentielle de 2011. On ne l’a pas vu haranguer les foules pour solliciter un troisième septennat en faveur du champion du Rdpc. Paul Biya, qui doit récompenser sa clientèle politique, pouvait-il sacrifier ses fidèles engagés au détriment d’un individu dont le militantisme au sein du parti des flammes n’est pas avéré ?
Les dernières révélations de Wikileaks faisaient de lui le Barack Obama du Cameroun, candidat de l’Ouest pour la présidentielle de 2018. Considéré comme un pro-américain avec un Obama qui n’a toujours pas envoyé un message de félicitations à son homologue camerounais après son élection le 09 octobre dernier. Ce sont des faits qui marquent, susceptibles d’influencer toute décision politique.
Enfin, le Pr Maurice Kamto vient d’être éclaboussé par une triste affaire de plagiat qui l’oppose au chef du département de droit public à l’université de Douala, le Pr James Mouangue Kobila (lire Dikalo No 1479 du 25 novembre 2011). Il a repris, sans le citer, en complicité avec un autre agrégé le Pr Jean Claude Tchewa, plus de 60% des travaux de recherches de ce dernier dans le « Manuel de méthodologie et exercices corrigés de droit international public » en vente dans les librairies. En dépit de la médiation de Laurent Esso, secrétaire général de la présidence de la République, le Pr Maurice Kamto s’est opposé à toute médiation. Et la justice est sur le point d’être saisie pour trancher.
Pour un homme qui a été agent du Cameroun dans un conflit frontalier avec le Nigeria, doyen de la faculté des Sciences Juridiques et Politiques à l´université de Yaoundé II-Soa, ce n’est pas un bon exemple pour la jeunesse.

Arthur G. Bakande
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