Paul Biya prend en otage la coupe du Cameroun



La finale de la coupe du Cameroun de football aurait pu avoir lieu ce dimanche 27 novembre 2011. Certains médias l'avaient même annoncé. C'était sans compter avec le flou qui persiste à la présidence de la République. C'est devenu une très mauvaise.
Chaque année, les finalistes de la coupe du Cameroun de football doivent attendre que le cabinet civil de la présidence de la République fixe une date pour la tenue de la coupe du Cameroun. Pour cause, alors que rien ne l'y oblige, Paul Biya, le vieux président camerounais de 78 ans et au pouvoir depuis 30 ans, préside personnellement ladite finale.
"Quand on finit avec les demi-finales, on est un peu pris en otage. Nos joueurs ne peuvent plus se déplacer n'importe comment et, en l'absence de matches officiels, leurs performances baissent. Nous-mêmes, on ne peut pas prendre les vacances parce qu'on ne sait pas quand la présidence de la République va annoncer la tenue de la finale" note un entraineur de football d'un club camerounais. Pour les finalistes, l'attente se prolonge souvent jusqu'à ce que le découragement cède à l'excitation de la finale de la compétition. Cette année par exemple, c'est depuis les 3 et 7 août que se sont joués les demi-finales. Cela fait donc Cela va donc faire près de 5 mois que les joueurs et leurs encadreurs attendent la fumée blanche de la présidence camerounaise.
Plus grave, c'est cette finale qui marque souvent la fin de la saison sportive au Cameroun et, pour commencer le nouveau championnat, l'on est souvent obligé d'attendre.
Au Cameroun où presque tout dépend du bon vouloir de son président, ses absences et ses silences sont généralement de nature à paralyser le pays.
En villégiature dans son village natal au sud du pays depuis sa pompeuse victoire à la présidentielle avec 77,989 %, Paul reste muet sur les événements majeurs qui alimentent la presse ces derniers temps. On attend toujours le remaniement ministériel pendant que les dossiers sensibles trainent dans les ministères parce qu'on ne sait pas si le ministre en poste y restera et, on attend qu'il se décide pour mettre terme au supplice d'une attente de près de 5 mois pour les footballeurs qui ne peuvent ni partir en vacances, ni recommencer une nouvelle année sportive.