Affaire Camair : Le Minfi et la Csph se joignent au procès


Le tribunal a accepté leur constitution comme partie civile pour le détournement de la somme de 105.478 milliards Fcfa. 105.478.610.944 Fcfa. C’est le montant total des subventions octroyées à la Cameroon Airlines (Camair) par l’Etat du Cameroun et certains de ses démembrements.
C’est cette somme représentant le neuvième et dernier chef d’accusation dont Ngamo Hamani est incriminé d’avoir détourné, que Me Patié Tchakounté devra désormais défendre au cours des prochaines audiences de ce procès.
La demande de constitution de partie civile que cet avocat avait faite au tribunal à l’audience du 26 août 2011 a été admise à l’audience de vendredi, 25 novembre dernier. Au cours de cette audience, le juge a reçu la constitution de partie civile du ministère des Finances (Minfi). Cette constitution de partie civile prend en compte les sociétés d’Etat que sont la direction du Trésor, la Caisse autonome d’amortissement (Caa), la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (Csph) et la Société nationale des hydrocarbures (Snh).
Réagissant par rapport à cette constitution, les conseils de la défense indiquaient que cette somme avait été octroyée à la Camair et non Ngamo Hamani ; et que, de ce fait, c’est la Camair qui devrait être poursuivie. S’opposant à cette constitution du Minfi, Me Happi soutient que «la Camair ayant un patrimoine propre, elle seule peut demander réparation et poursuivre Ngamo parce que son patrimoine a été affecté». En réaction, Me Patié Tchakounté note que «la subvention est une notion de finances publiques qui obéit à un régime particulier. Lorsqu’il est établi que la subvention n’a pas été utilisée aux fins d’intérêt général pour laquelle elle a été octroyée, elle doit être remboursée». Sur ce, l’affaire avait été mise en délibérée. Prochaine audience est annoncée pour le 12 décembre 2011.
Placé sous mandat de détention provisoire à la prison centrale de Douala le 09 mars 2009, Paul Gabriel Ngamo Hamani, fût administrateur provisoire de la Camair du 23 février 2005 au 11 mars 2008. Au terme de l’instruction menée par le juge Eyikè-Vieux, il a été accusé de détournement de deniers publics de 118 milliards Fcfa. Cet inspecteur principal des impôts de classe exceptionnelle avait pour mission de redresser l’entreprise qui était en faillite.
Blaise Djouokep