Dénonciation : L’Ordre des médecins exige la fermeture des instituts privés


En cause, l’accroissement anarchique des écoles de formation qui déteint sur la qualité des praticiens qui en sortent. La faculté de médecine de l’université de Yaoundé a cessé d’être l’unique école de formation des futurs médecins au Cameroun.
D’une ville à l’autre, ou d’un quartier à un autre, les institutions de formation dans le domaine de la santé gagnent du terrain. Il suffit d’avoir une autorisation du ministère des Enseignements supérieurs. Ce qui a considérablement augmenté le nombre de ces structures de formation des jeunes médecins.
Face à l’augmentation rapide des écoles privées de médecine, l’Ordre national des médecins du Cameroun (Onmc) a décidé de jouer la carte de la dénonciation. Et l’on est à même de dire qu’il était temps. Ce, au regard du nombre des institutions de formation dans le domaine de la santé au cameroun. Un secteur assez sensible qui totalise à ce jour 26 écoles de formations. «Jusqu’à il y’a 5 ou 6 ans, il n’y avait qu’une seule faculté de médecine. Mais depuis, l’Etat a estimé qu’il faut renforcer les capacités et on a ouvert en plus Buéa et Douala», explique le Dr Guy Sandjon, président de l’onmc. Seulement, en plus des établissements privés qui se sont mis à la formation des médecins, l’on se retrouve avec «plus d’une vingtaine d’institutions. Ce qui n’est pas normal, encore moins possible», martèle le Dr Guy Sandjon.
C’est pour dénoncer ce phénomène préjudiciable pour les populations que s’est tenue samedi dernier à Yaoundé l’assemblée générale de cette organisation, dont les travaux ont été restitués à Douala hier mercredi lors d’une conférence de presse. La formation des hommes en blouse blanche, devrait, de l’avis des praticiens, être supervisée par l’Etat. Surtout que ces écoles ne remplissent pas les critères d’ouverture et de fonctionnement d’un établissement de formation.
En effet, chaque institution doit avoir un hôpital d’application. Sinon elle n’est pas viable. Car, «c’est dans les centres hospitaliers universitaires (Chu), auprès des malades que les futurs médecins apprennent le travail. Or ces écoles manquent d’école d’application», souligne le Dr Charles Eboa Kwedi, chirurgien dentiste. Ils passent donc très souvent à la pratique sur les populations sans une bonne expérience du terrain. On pourrait donc bien se passer d’eux, ce d’autant plus que le Cameroun tient la tête du peloton en Afrique du Sahara, avec 6400 médecins inscrits au tableau de l’Onmc. D’où la dénonciation de l’Onmc qui espère que l’Etat va résolument se décider à fermer ces centres qui fabriquent des «dangers» pour la santé des camerounais.
Marthe Ndiang