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Le ministre de l’eau nargue les consommateurs. L’approvisionnement normal en eau ne sera pas possible avant trois ans. Le temps de mettre sur pied des projets dont certaines études de faisabilité viennent à peine de commencer. Le calvaire va donc se poursuivre. L’annonce a été faite vendredi 19 février à Yaoundé lors d’un point de presse. De qui se moque-t-on ? Pouvait-on entendre dire ça et là dans les commentaires des nombreux journalistes et curieux venus vendredi dernier dans la salle des conférences du ministère de l’Energie et de l’Eau pour s’enquérir des nouvelles sur la crise de l’eau qui sévit dans les villes camerounaises depuis plusieurs mois.
Au lieu d’être rassurant, le ministre de l’eau Mickael Ngako Tomdio , a plutôt tourné autour du pot en revenant à chaque fois sur des arguments dépassés pour justifier la pénurie actuelle : la vétusté du matériel hérité par la camerounaise des eaux, Cde de l’ex Snec et le boom démographique de ces dernières années auxquels il faut ajouter l’absence d’investissement dans le secteur du fait des programmes d’ajustement structurel des années 80-90 et le dessèchement de la station du Nyong d’Akomnyada. « Le vieillissement des infrastructures s’est accentué. Les villes se sont agrandies du fait de l’urbanisation galopante entraînant l’accroissement des besoins en eau et les investissements dans le secteur n’ont pas suivi cette évolution » lâche le ministre sans état d’âmes.
Dans la salle, les regards se croisent. Quelques sourires narquois. L’on se demande si de telle allégation sont les bienvenues au moment où de nombreux ménages au bout de la souffrance, attendent du gouvernement une solution urgente et définitive. « Le ministre mesure-t-il l’ampleur de ses propos ? » ?tonnement d’un journaliste. « Car pareille situation ne saurait avoir lieu quand on sait qu’en 1998, une telle pénurie avait failli emporter les responsables de la Snec qui avaient reçu un ultimatum de quarante huit heures du chef de l’Etat pour approvisionner tout le Cameroun car le désastre avait trop duré » se souvient un autre confrère
Insuffisances
Faudrait-il appliquer les mêmes solutions d’hier aujourd’hui pour plus d’efficacité ? Le problème de l’eau est devenu sérieux. Alors que le ministre annonce la mise sur pied de plusieurs chantiers pour améliorer la situation, certains se demandent s’il faut attendre la mise sur pied des projets d’alimentation en eau potable des villes de Yaoundé, Edéa, Ngaoundéré et Bertoua dans trois ans au moins ? Lequel prévoit dans sa phase pratique d’alimenter 52 centres. Un programme d’investissement de la Camwater d’un montant de 400 milliards Fcfa et qui comporte un volet renforcement de l’alimentation en eau potable de la ville de Yaoundé à partir de la Sanaga et dont on dit que sa phase d’étude vient à peine de commencer.
A ce qui paraît, tous les espoirs du gouvernement pour résoudre le problème de l’eau sont focalisés sur l’extension de la Sanaga pour alimenter la capitale. Mais, que fera-on du fleuve Nyong qui alimentait jadis la cité capitale ? Si l’on accuse la vétuste de ses infrastructures à l’origine du faible niveau d’eau passé de 4 mètres niveau normal à 2.20 mètres aujourd’hui, il n’apparaît nulle part un projet de sa réhabilitation. Depuis quelques jours, le ravitaillement de la ville capitale se fait par camions citernes. Une collaboration de la Communauté urbaine de Yaoundé, la police, les sapeurs pompiers. Cette distribution est problématique car elle s’avère insuffisante pour la population qui a soif d’eau.
Faut-il penser à une solution beaucoup plus raisonnable et moins stressante ? A ce sujet, le président de la ligue camerounaise des consommateurs Dellor Magellan Kamgaing propose la construction de puits d’eau et de forage dans les quartiers.
