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Affaire Michel T. Atangana : Nouvelle audience ce mercredi à Yaoundé

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Michel-ThierryLa France davantage indignée. Face à l’arbitraire, ce pays ami du Cameroun pense que le droit d’ingérence s’impose. A Yaoundé, les yeux sont désormais tournés vers Bruno Gain l’ambassadeur de France au Cameroun. Au fil des audiences, l’on se rend à l’évidence que quelque chose de plus fort doit être fait par la France pour sauvegarder de la dignité humaine et la réhabilitation de Michel Thierry Atangana naturalisé Français depuis le 1er décembre 1988.
Car, l’affaire de ce Français d’origine camerounaise qui dure depuis plus de 14 ans au jour d’aujourd’hui, n’est autre qu’un cahier inédit de violations des droits fondamentaux de l’homme, une sorte de rébellion de certains hauts commis de l’Etat face à une prescription ou instruction du président Paul Biya. Une machine infernale qui avait été lancée juste pour détruire Michel Thierry Atangana Abéga. Au point de créer une confusion entre ce dernier et le Pr Titus Edzoa qui, selon ces hauts commis de l’Etat aux esprits empreints de méchanceté, est coupable d’une faute mortelle, celle d’avoir osé.
Or, ramener la situation de l’ex-secrétaire général à la présidence de la République à celle de ce jeune homme, comme cela est régulièrement fait, procède de la confusion et d’une facilité réductrice qui pourrait être préjudiciable à la compréhension et à l’orientation que l’on voudrait attribuer à la justice et qui pourrait faire gravement obstacle à l’examen judicieux et serein du cas Michel Thierry Atangana qui ne demande, sans plus, qu’à recouvrer sa liberté afin de mener sa vie familiale et professionnelle.

 

Explosion

Et ce que peu de gens ne savent pas, c’est que les sollicitations de l’expertise de Michel Thierry Atangana à la division des Affaires économiques à la présidence de la République et par la suite, sa nomination et son installation à la tête du Copisupr – le Comité de pilotage et de suivi des projets de construction des axes routiers Yaoundé-Kribi et Ayos-Bertoua, n’ont guère été activés par Titus Edzoa mais bien par son prédécesseur, le Pr Joseph Owona alors secrétaire général à la présidence de la République. Ce qui veut dire qu’à l’arrivée d’Edzoa, il occupait déjà les fonctions de président du Copisupr, représentant les intérêts des multinationales partenaires dudit Comité. Des multinationales qui réclament plus de 300 milliards de Fcfa à l’Etat du Cameroun. D’un bout à l’autre, leurs destins étaient donc clairement dissociés.

En dépit du préjudice extrêmement grave qu’il subit depuis le 3 juillet 1997 dans cette douloureuse affaire, Michel Thierry Atangana s’en remet humblement à la décision que la justice camerounaise voudra bien rendre, après examen minutieux des différentes pièces et témoignages portés à sa connaissance par les différentes parties. Les dernières révélations de la Conac sur la route Ayos-Abong-Mbang dédouanent carrément le supplicié. Autant les constats faits sur l’axe routier Yaoundé-Kribi en passant par Olama, relèvent de la catastrophe. « Il ne s’agit pas d’une route, c’est une piste qui a même déjà commencé de tuer. Finalement, les gens vont préférer passer par Edéa pour atteindre Kribi », dévoilent plusieurs témoins.

Lors de l’audience du 10 novembre dernier, le tribunal a, une fois de plus, été exaspéré par les comportements déviants des avocats de l’Etat qui jusqu’alors peinent à percer l’abcès. Et ce jour, un nouvel électron est entré en scène pour réclamer la libération de Michel Thierry Atangana. Il s’agit du Rhedac – le Réseau des défenseurs des droits de l’homme en Afrique centrale. « Nous dénonçons cette arrestation arbitraire et demandons la libération immédiate et inconditionnelle de Michel Thierry Atangana. Nous situons cette démarche par rapport à l’arrivée imminente des experts du Comité des droits de l’homme des Nations-Unies. En attendant, nous affirmons fermement que Michel Thierry Atangana n’a rien à faire au Sed. Il faut qu’on le libère et nous mettrons tout en œuvre pour que cela soit fait. Les menaces et autres intimidations ne nous ferons pas peur », a tonné Maximilienne Ngombè la directrice exécutive du Rhedac. L’affaire reprend le 23 novembre prochain avec la défense d’Isaac Njiémoun.

 

Jean-Pierre Bitongo
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