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Le directeur général du Fonds camerounais d’intervention intercommunal (FEICOM), pense qu’il serait important à terme, d’envisager une pérennisation des sources de financement des collectivités décentralisées. Selon Camille Philippe Akoa il faudrait déjà penser à faire évoluer le soutien actuel apporté à la décentralisation sous forme de subventions, en instrument d’accompagnement effectif à l’investissement économique.
Le Directeur du FEICOM a fait part de cette réflexion en répondant aux questions de la Crtv, en marge d’un colloque organisé par son institution en collaboration avec la coopération allemande les 14 et 15 novembre 2011.
L’objet de ce colloque portait sur le financement de la décentralisation en général et le transfert de ressources en particulier. « Pour le moment il existe trois formes de financement pour les collectivités décentralisées : il y’a la fiscalité locale, le mécanisme de transferts des compétences et la dotation générale de la décentralisation », a fait remarquer le Dg du FEICOM, qui indique aussi que ces mesures sont susceptibles d’être renforcées. « Au cours des discussions nous avons échangé avec des responsables d’entités de financement des collectivités dans d’autres pays, on a appris par exemple qu’au Maroc il existe des mécanismes qui permettent de lever des fonds sur le marché financier (Bourse) au profit des collectivités décentralisées, pareil au Burkina Faso où les communes ont la possibilité de se financer directement par la coopération.
C’est la preuve que face aux enjeux qui sont ceux de la décentralisation on peut élargir son champ de financement » a-t-il fait savoir en substance.
Le colloque de Yaoundé s’est tenu à un moment où il est devenu notoire que la réforme de la décentralisation en cours dans beaucoup de pays dont le Cameroun, souffre souvent du fait que le transfert des compétences ne s’accompagne pas toujours du transfert des ressources requises. Un manque de concordance qui a des conséquences sur l’avancée du processus de décentralisation. Un des enjeux de la rencontre était selon ses organisateurs, d’offrir un cadre qui puisse permettre d’identifier les problèmes que pose le financement de la décentralisation ainsi que d’en dégager des solutions possibles. Pour certains experts cependant, le problème au Cameroun ne tient pas seulement à l’insuffisance des produits financiers adaptés aux communes.
Les communes et bientôt les régions, ne pourront pas pleinement accéder aux produits financiers quelques soient leurs formes si elles ne peuvent pas faire preuve d’une gouvernance et de capacités conformes aux standards de management. Or beaucoup de mairies ont encore du mal à travailler avec des experts qui puissent les conduire dans de véritables projets de développement. Un autre problème dont devraient souffrir les collectivités c’est celui de leurs crédibilités. Les banques ou tout autre organisme de financement ne peuvent risquer leur argent s’ils n’ont pas l’assurance que derrière, il y a des garanties solides de remboursement et surtout un système judicaire solide pour trancher en toute indépendance dans le cas de survenance des conflits.
