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Deux personnes tuées par balle au cours d’un violent affrontement dimanche dernier. La ville de Ngaoundéré est depuis dimanche dernier en état d’alerte. L’armée a pris d’assaut les principales rues du chef lieu de la région de l’Adamaoua, après la mort d’un militaire et d’une jeune fille. Ces deux personnes ont été tuées dimanche par l’arme à feu d’un policier des Equipes spéciales d’intervention rapide (Esir) au lieu dit carrefour de la joie.Soudain, éclate une bagarre. L’un des policiers des Esir somme les militaires de quitter les lieux. La sommation est ignorée. D’après nos sources, le policier sort son arme à feu et tire. La balle traverse le thorax d’un militaire. Une jeune vendeuse de bâton manioc qui passait par là est touchée au ventre. Les blessés sont transportés à l’hôpital régional de Ngaoundéré.
Le soldat Abdoul-Aziz et la jeune Patou Atouma (15 ans) ont rendu l’âme aux urgences de l’hôpital. Les deux corps ont été mis à la morgue de l’hôpital régional. Les camarades d’arme d’Abdoul Aziz ont lancé une riposte : bastonnades, destruction des bars et des marchandises. Ils ont été rejoints plus tard par une centaine de militaires qui tentaient de marcher sur la délégation régionale de la Sûreté nationale pour l’Adamaoua et la base des Esir à Ngaoundéré. Ils ont été repoussés par les policiers.
La tension est progressivement retombée. Par petits groupes, des officiers supérieurs de l’armée se sont rendus à l’hôpital régional pour la prise en charge des militaires et civils blessés. Le commissaire central de Ngaoundéré, le commissaire de police principal Joseph Temdé et le commandant du Cifan de Ngaoundéré, le lieutenant colonel Anouma Mongwué Eric en sont même venus aux mains. Le dernier a menacé de son arme à feu le premier.
Arrivée la nuit de dimanche à Ngaoundéré, le commandant de la 3eme région militaire, le général Martin Tumenta Chomu a rencontré les responsables locaux de l’armée et de la police. Il s’est ensuite rendu au chevet des blessés internés à l’hôpital régional de Ngaoundéré. Neuf personnes ont été prises en charge. Les militaires légèrement blessés ont été transférés à la garnison militaire de Ngaoundéré.
Une enquête mixte a été ouverte et les victimes sont entendues à la police et à la compagnie de gendarmerie de la Vina. Dans la foulée, 14 plaintes ont été déposées par des jeunes filles contre les militaires pour viol et abus sexuel. Le gouverneur a ordonné la fermeture de tous les bars de la ville de Ngaoundéré.
Adolarc Lamissia
