Fêtes de fin d’année : le poulet annoncé plus cher



3000 Fcfa au moins à Yaoundé. Si l’interprofession avicole du Cameroun rassure sur les quantités, la hausse du prix de cette volaille pendant les fêtes de fin d’année est annoncée. Mardi 1er novembre 2011, la circulation sur la ruelle qui traverse le marché de Mvog-Ada à Yaoundé. Deux jeunes gens, dans des tenues tachetées de sang avancent vers des ménagères qui entrent au marché.
C’est la même question que posent ces prospecteurs d’un autre genre à leurs prospects : « Madame avez-vous besoin de poulet ? ». Pourtant ces jeunes gens ne vendent pas du poulet, mais : « Nous sommes des plumeurs. Nous venons jusqu’ici parce que sur place nous n’avons pas de clients », déclare l’un d’eux.
Dans l’espace réservé aux vendeurs de poulets, des corbeilles vides jonchent le sol. Un vendeur, des poulets dans les mains, raconte : « C’est malgré moi que je suis là, étant donné que je me suis dit que si je ne le fais pas, je vais perdre ma clientèle. Le marché du poulet est perturbé ces derniers jours. Les fermes sont dans des zones enclavées. Lorsqu’il pleut, beaucoup d’éleveurs ne se déplacent pas parce que ça leur coûte cher ». Il vend un poulet de chair sur pied de 1,8kg environ à 3000 Fcfa et une pondeuse de 1,5kg à 2700 Fcfa.
Un éleveur venu lui aussi vendre ses poulets en détail tente une explication à la situation. « Le coût élevé du maïs ces derniers temps est la première cause, non seulement de l’augmentation du prix du poulet, mais aussi de sa qualité. Il y a des fermiers qui ne nourrissent plus le poulet pendant 45 jours, ils le vendent après 37 jours », souligne-t-il.
700 millions pour relancer la filière
Le samedi 5 novembre 2011, veille de la fête du mouton, il y a eu abondance de poulets au marché de Mvog-Ada. Mais les prix n’ont pas changé. L’on a même retrouvé des poulets dit réformés de 7500Fcfa, voire plus. Pourtant, affirme une vendeuse, ces mêmes poulets sont souvent vendus à 5500 Fcfa.
Le 12 septembre 2011, le ministère du Commerce et l’Interprofession avicole du Cameroun (Ipavic) ont signé une convention pour la relance de la filière. A l’Ipavic, l’on attend le décaissement des financements d’ici la fin du mois de novembre. Il sera destiné à dix producteurs de poulets en activité. Ces producteurs devront se procurer 231.000 poussins d’un jour. Le type accouveurs reproducteurs. Ces poussins, en maturité, produiront des œufs. De ces œufs, on obtiendra des poulets de chair. Il faut au moins six mois pour obtenir les poussins, qui doivent être nourris dans des poulaillers pendant au moins 45 jours avant de se retrouver sur le marché comme poulet de chair.
C’est en juin 2012 que les poussins de chair seront disponibles. Ils seront alors vendus à 350Fcfa l’un à des éleveurs qui s’engageront à leur tour à vendre le poulet de 45 jours au prix que va leur proposer l’Ipavic en collaboration avec le ministère du Commerce. La convention ne va pas résoudre le problème de la disponibilité du poulet pendant les fêtes de fin d’année annoncées dans moins de deux mois.
Toutefois au ministère du Commerce, l’on rassure : « le poulet sera disponible pendant les fêtes de fin d’année, comme par le passé, grâce à l’Ipavic. Les éleveurs indépendants fixent leurs prix de manière libre », annonce un responsable qui a requis l’anonymat. Il indique que ce poulet pourra coûter 2400Fcfa cette année.
Les prix dépendront de ceux des intrants.
Le secrétaire permanent de l’Interprofession avicole du Cameroun, Jean Paul Fouda atteste que 500.000 poulets de chair de 45 jours seront vendus dès le 23 décembre 2011. « Nous avons commencé la distribution des poussins aux éleveurs, partenaires de l’Ipavic depuis le 1er novembre 2011. Cette distribution doit s’arrêter en principe le 9 novembre », indique-t-il. Il n’est cependant pas précis sur le prix du poulet de 45 jours pendant cette période. « Nous ne pouvons vendre le poulet de 45 jours à 2400Fcfa que si le kilogramme de maïs est vendu à 180Fcfa. Or à présent, il est de 210Fcfa. Voilà pourquoi nous avons demandé au gouvernement de prendre des mesures pour que nous l’obtenions à 180Fcfa. Le prix de 50 kilogrammes de soja est passé de 17.500Fcfa à 23.000fcfa. Si rien n’est fait entre temps, on ne pourra pas vendre le poulet à 2400Fcfa encore moins à 2200Fcfa comme les années antérieures », justifie-t-il.
Adrienne Engono