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Préoccupant. Voilà comment le chairman du Sdf décrie la situation postélectorale dans un communiqué signé le 22 octobre à Yaoundé.
Le contenu de ladite note indique également que « le parti de la balance » se plaint de ce que l’ancien vice-Premier ministre en charge de l’Administration territoriale, Gilbert Edouard Andzé Tsoungui décédé le 9 avril 2007 à Bruxelles « ait voté trois fois dans des bureaux de vote ouvert à Nkolondom », son village natal situé dans la banlieue de Yaoundé. En effet, une liste d’électeurs ayant pris part au scrutin présidentiel comportant le nom de cet ancien caïd du régime Biya a été présenté à la presse. Le Sdf en a profité pour s’offusquer « du vote des morts le 9 octobre dernier ».
Le même constat est fait par le parti de John Fru Ndi pour ce qui est de Luc Loé, ancien délégué général à la sûreté nationale (Dgsn) décédé à Paris le 7 septembre 2001. Son nom apparaît dans la liste de personnes ayant pris part au scrutin dans un bureau de vote logé au siège de la police à Yaoundé. Le Sdf qui crie au hold-up électoral se dit inquiété par le nombre de personnes ayant voté plusieurs fois si le Rdpc a poussé le bouchon aussi loin en faisant « voter » des morts. « Le parti de la balance » dit également regretter que la Cour suprême ait entériné les résultats « malgré les requêtes avec preuves à l'appui de ses avocats ».
Le parti de Fru Ndi qui s’indigne ainsi, avait introduit 9 recours en annulation de la présidentielle. Dans le même communiqué, le principal parti d'opposition camerounais a accusé la Cour suprême d’avoir proclamé, vendredi 21 octobre 2011, la réélection de Paul Biya au pouvoir depuis 1982 alors que le scrutin qui l’y a consacré était entaché d’irrégularités.
Homonymie
D’autre part, de nombreux analystes soulignent que le « triple vote de Gilbert Andzé Tsoungui, présenté dans les arcanes du pouvoir comme penseur en chef de la fraude électorale, illustre une tricherie qui s’est déroulée plusieurs fois au cours des précédentes élections. Puisque certainement autrefois, l’ancien Minatd votait dans trois bureaux de vote au cours de la même élection ».
A Elecam, les cadres rencontrés disent, sous anonymat, ne pas être au courant du « vote des morts ». Mais préviennent tout de même que si les noms des personnalités suscitées figuraient effectivement parmi les votants, il n’est pas impossible que ce soit des homonymes. Car la stature de ces personnalités leur a certainement donné droit à beaucoup d’homonymes. Les mêmes cadres d’Elecam vont clôturer leur commentaire par une mise au point : « Nous sommes excédés par les élucubrations de l’opposition et des journalistes depuis l’existence de l’organe», se plaint-on au sein de l’organe en charge de l’organisation et de la supervision des élections. Ce qui est loin d’être un argument…
Rodrigue N. TONGUE
