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Quels commentaires faites-vous des résultats proclamés par la Cour suprême ?
Nous avons été scandalisés tout en n’étant pas surpris par les chiffres prononcés par la Cour suprême. On sait qu’avant que les recours n’aient été examinés, la Cour suprême avait déjà adressé des invitations aux candidats.
On est en droit de se dire que tout avait été bâclé à l’avance dans les tiroirs de la présidence de la République, donneuse d’ordre politique à la Cour suprême. Nous sommes scandalisés par le taux officiel de participation parce que nos chiffres indiquent 30.16 % de taux de participation alors que leurs chiffres indiquent 65,85%. C’est tout simplement scandaleux, c’est la preuve de ce qu’entre les bureaux de vote et la commission départementale, il y a beaucoup de choses qui se sont passées. A titre d’illustration, dans la ville de Douala, alors que la loi dit que les procès verbaux doivent être acheminés directement à la commission départementale, les présidents des bureaux de vote recrutés par l’administration sous le couvert officiel d’Elecam et qui sont constitués à 80% du Rdpc, ont fait transiter les procès verbaux par les bureaux d’Elecam. C’est à ce niveau qu’en Complicité avec les agents d’Elecam, les barons du Rdpc ont gonflé les chiffres de la participation. Nos chiffres par contre sont clairs, le taux d’abstention est extrêmement élevé. Il est de 69,84%
Qu’est ce qui justifie selon vous la falsification du taux de participation ?
C’est tout simplement pour montrer à la Communauté internationale que Paul Biya est légitimement élu. Heureusement que cette communauté internationale n’est pas dupe. Il n’y a qu’à voir la réaction de la France au lendemain de la proclamation des résultats, elle a noté de nombreuses irrégularités. Il faudrait rappeler que par le passé, ce pays avait pris pour habitude scandaleuse de féliciter bien avant la proclamation officielle des résultats le candidat Paul Biya. Sauf à croire que certains n’ont pas les yeux d’humains, il est clair que cette élection n’a été qu’une mascarade et c’est pour cela qu’elle doit être reprise.
Quelle analyse faites-vous globalement de l’opposition qui n’a pas pu se réunir avant la présidentielle?
Il faudrait que les camerounais sachent une fois pour toute qu’il n y a que deux moyens de procéder à un regroupement de partis politiques de l’opposition. Il y a la voie constitutionnelle avec l’adoption d’un scrutin à deux tours et la voie politiquement correcte qui recommande le bon sens, à savoir que les partis de moindre importance se regroupent autour de celui qui a un poids plus élevé. On ne saurait mettre les grands plats dans les petits, on a toujours mis les petits plats dans les grands plats. Ce que je retiens c’est que dans cette élection Il y a eu quatre types de candidats, il y a des candidats de témoignages, des candidats de principe, et les entrepreneurs politiques qui ont dû miser cinq millions de francs pour gagner un peu plus, et il y a des candidats de terrain qui veulent que les choses changent véritablement. Les chiffres qui ont été donnés par la Cour suprême, et que nous contestons, sont révélateurs de ce que la politique ne se fait pas uniquement dans les médias. Un homme politique c’est d’abord un homme d’action, un homme de terrain.
