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Les résultats officiels de l’élection présidentielle du 09 Octobre dernier ont été proclamés en direct sur la plupart des chaînes de télévision et de radiodiffusion du pays le 21 octobre pendant près de 09 heures d’horloge par le premier président de la Cour Suprême siégeant en lieu et place du conseil constitutionnel.Alexis Dipanda Mouelle, pendant ce temps a égrené d’une voix lente mais sûre tous les résultats des dix régions du Cameroun puis des différents bureaux de voté installés dans les ambassades de tous les continents de la planète.
Au final, le candidat Président sortant Paul Biya a obtenu près de 78% des suffrages exprimés et son suivant immédiat, Ni John Fru Ndi, le leader de l’opposition n’a pu recueillir que près de 11%.
Des résultats qui ont été rejetés par la plupart des leaders de l’opposition qui, lundi dernier, au cours d’une conférence de presse avaient laissé entendre dans une déclaration dite ‘de Yaoundé’ qu’ils ne reconnaitront pas ces résultats, leurs différentes demandes d’annulation ayant été rejetées par la Cour Suprême.
Entre tergiversations et divergences.
Mais l’opposition pouvait-elle s’attendre à un résultat meilleur que celui-là, elle qui a été incapable de s’unir autour d’une candidature unique en dépit de l’appel du candidat Albert Dzongang au début de la campagne électorale ? Pouvait-elle faire mieux lorsqu’avant le début du processus, elle avait appelé au boycott du scrutin avant de revenir sur sa position ? Elle qui avait d’abord douté de l’intégrité d’ELECAM (Elections Cameroon, institution chargée de l’organisation du scrutin) avant de changer d’avis ? Elle qui avait invité le Président de la République à reporter le scrutin avant de revenir sur leurs propos ou encore qui avait invité, du moins certains leaders, la population à ne pas s’inscrire sur les listes électorales avant de faire machine arrière à quelques semaines de la clôture des inscriptions ?
A aucun moment de la préparation de ce scrutin, l’opposition n’a parlé d’une même voix. Pis encore, cette opposition a présenté aux populations une si grande diversité de profession de foi que beaucoup en avaient le tournis. Dans ces conditions, l’électorat ne pouvait que s’effriter et aller soit vers le candidat sortant, soit vers l’un des candidats et souvent sur la base de l’ethnie ou de la région.
La diversité des fortunes.
Ce qui devait se produire s’est lu dans les résultats proclamés. L’on s’attendait à ce que le candidat Président soit balayé d’un revers de la main par la diaspora mais c’est l’inverse qui s’est produit. Faut-il croire que cette diaspora lui a été reconnaissante du fait de lui avoir permis d’accomplir ce devoir citoyen pour la première fois ?
L’on s’est rendu à l’évidence que certains bastions sont restés fidèles à leur candidat à l’exemple du septentrion pour Paul Biya et Garga Haman Adji, du Nord-Ouest pour Ni John Fru Ndi, du Noun pour Adamou Ndam Njoya et Paul Biya et des régions du Sud, du Centre et de l’Est pour Paul Biya.
D’un autre côté, Garga Haman Adji supplante Adamou Ndam Njoya à la troisième place du classement, alors que Edith Kahbang Walla qui en était à sa première présentation, se classe 6ème, devançant de vieux briscard comme Jean Jacques Ekindi, Anicet Georges Ekanè, Fritz Pierre Ngo ou Joachim Tabi Owono. Le genre aurait-il joué en sa faveur ou alors sa présence médiatique a-t-elle fini par payer, difficile d’y répondre.
Cette diversité de fortunes permet au moins de dire que la carte politique du Cameroun va connaître de nombreux bouleversement ce qui doit conduire les prochains candidats aux élections sénatoriales, législatives et municipales de mieux affûter leurs armes car rien ne sera gagné à l’avance, même pour le parti au pouvoir.
Georges Ndenga, Ai Douala
