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Le Comité d’urgence du Bureau Exécutif National du Syndicat National des Journalistes du Cameroun (SNJC) s’est réuni à Douala le 21 octobre 2011, à la suite des informations persistantes selon lesquelles depuis le 28 Septembre 2011, en pleine campagne électorale pour l’élection présidentielle, les plus hauts responsables du Cabinet Civil de la Présidence de la République et du Ministère de la Communication ont entrepris et mené une démarche visant à discréditer l’ensemble des acteurs médiatiques camerounais tout en subjuguant l’indépendance éditoriale des principaux organes médiatiques nationaux.
Selon diverses sources en effet, le Directeur du Cabinet Civil aurait fait appeler les propriétaires d’organes médiatiques nationaux (quotidiens et hebdomadaires ; radio et télévision locales, etc.) à qui il aurait distribué de l’argent en espèce, sans décharge, sans pièce de caisse comme « appui à la couverture de l’élection présidentielle ». Les montants qui variaient en fonction de l’interlocuteur, se situeraient entre 5 et 15 millions de francs CFA par responsable de média reçu.
Parallèlement, le Ministre de la Communication aurait distribué de son côté, dans des conditions tout autant opaques, une somme dont le montant total varie entre 200 et 600 millions de francs aux mêmes patrons de la Presse ainsi qu’à des individus divers, pour, dit-on, « faciliter la couverture de l’élection présidentielle ».
Dans une déclaration antérieure en juillet 2011, au lendemain du séjour d’une forte délégation gouvernementale et de la présidence à Douala à l’occasion de la journée internationale de la liberté de la presse au cours de la quelle le ministre de la communication avait conditionné l’appui financier de l’Etat à la presse par une orientation éditoriale tiède vis-à-vis du pouvoir en cette année électorale, le SNJC, décelant des relents ouverts de pressions politiques sur les médias, avait dénoncé la volonté du gouvernement d’exploiter de manière partisane la situation de précarité entretenue dans le secteur de la presse nationale.
De son côté le SNJC avait décidé d’accélérer la mise en œuvre de la résolution de son bureau exécutif du 29 avril 2011 par laquelle, il décidait de renforcer son initiative en vue de l’amélioration des conditions de vie et de travail des journalistes et travailleurs. Une Enquête-Etude en vue de déterminer les coûts de vie réel moyen du journaliste Camerounais avait été lancée. En cours de bouclage actuellement, le rapport de cette Etude qui sera rendue publique dans les prochains jours servira de base à l’action de plaidoyer du SNJC en vue de renforcer l’indépendance économique des journalistes camerounais, pré-condition à un exercice professionnel libre, responsable et indépendant pour des médias véritablement crédibles.
Nonobstant cette opération qui apparaît comme une tentative évidente de corruption des patrons de presse camerounais par le pouvoir, à un moment crucial de la vie politique nationale où est attendue des hommes de médias une absolue neutralité doublée d’équité dans le traitement réservé aux des divers camps ou candidats en compétition, le SNJC rappelle sa position traditionnelle selon laquelle seule une subvention étatique définie par l’Assemblée Nationale reste le moyen le plus transparent pouvant contribuer à l’émergence d’une presse libre, responsable et effectivement pluraliste, seul gage de l’affermissement d’une société démocratique et concurrentielle.
Douala, le 21 octobre 2011*
Pour le Comité d’urgence du BEN/SNJC, *
(é) Alex Gustave AZEBAZE, Premier Secrétaire a.i.
Membre du Comité Exécutif de la FIJ*
