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Les bureaux de vote ont ouvert dimanche matin pour le premier scrutin libre de l'histoire du pays. Les islamistes du parti Ennahda en sont les favoris. Les 217 élus de l'Assemblée nationale constituante auront pour principal mandat la rédaction d'une nouvelle constitution tunisienne, mais ils devront aussi mettre en place un nouvel exécutif pour la Tunisie post-Ben Ali et légiférer jusqu'à la tenue d'élections générales. D'après la déclaration transitoire de septembre, l'actuel gouvernement provisoire restera en fonction jusqu'à ce que la Constituante élise ou coopte un nouveau président de la République. Les observateurs estiment qu'il faudra entre un et trois mois pour voir la mise en place d'un nouvel exécutif.
Le vent de liberté de la révolution qui souffle depuis le début de l'année a profité au grand parti islamiste Ennahda (Renaissance), durement réprimé sous l'ancien régime et légalisé en mars et crédité de 25 à 30% des suffrages. Son chef, Rached Ghannouchi, revenu en janvier après vingt ans d'exil, s'est réclamé d'un islam modéré proche du parti islamo-conservateur au pouvoir en Turquie et a prévu de ne pas toucher au statut de la femme, le plus avancé du monde arabe. En face, les grands partis de gauche ont été incapables de s'entendre, mais ont promis une vigilance de tous les instants pour défendre les libertés acquises de la révolution. Alors que la parité est obligatoire, les femmes ne sont que 7% à mener des listes.
La grande inconnue de ce scrutin est le taux de participation au vu de la multiplicité des candidats dans un paysage politique remodelé pour des élections dont, pour la première fois, les résultats ne sont pas connus par avance. À l'étranger, où l'on a voté de jeudi à samedi, ce taux de participation a été «très élevé, particulièrement en France», selon Kamel Jendoubi, président de la commission électorale indépendante (Isie), l'instance qui a piloté tout le processus électoral à la place du ministère de l'Intérieur, disqualifié par des années de fraude.
Le scrutin est sécurisé par plus de 40.000 forces de l'ordre, surveillé par des observateurs locaux (13.000) et internationaux (plus de 600). «La campagne a été assez calme et même timide au début, il n'y a avait pas trop d'émotion comparé à d'autres pays en transition», a assuré samedi le chef de la Mission d'observation électorale de l'Union européenne, Michael Gahler. «Il n'y aura presque pas de moyens de tricher ou de falsifier les résultats de vote car le processus est très transparent. Si tout se passe comme prévu nous verrons un résultat crédible», a-t-il ajouté.
(avec AFP)
